La non-rééligibilité en France et aux États-Unis

Cet article interroge la dimension temporelle de l’activité de représentation politique. En s’intéressant aux projets de limitation de la réélection des parlementaires en France et aux term limits états-uniens, il met en évidence les conflits et intérêts qui s’articulent autour de la codification te...

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Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/temporalites,
Autori principali: Févrat, Noémie, Marrel, Guillaume
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Temporalités 2022
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descrizione
Riassunto:Cet article interroge la dimension temporelle de l’activité de représentation politique. En s’intéressant aux projets de limitation de la réélection des parlementaires en France et aux term limits états-uniens, il met en évidence les conflits et intérêts qui s’articulent autour de la codification temporelle des mandats. L’idée de limiter le nombre de mandats parlementaires successifs autorisés n’emporte pas l’unanimité : les débats mêlent à la fois des anticipations des effets de la règle sur les pratiques politiques et des croyances à propos de la démocratie. À travers l’analyse des discours et des acteur∙ices mobilisé∙es dans le débat, l’article montre que la codification temporelle des mandats superpose, autour de la modernisation des institutions, les deux référentiels du renouvellement et de l’efficacité, qui convergent paradoxalement l’un et l’autre vers une forme d’accélération du temps de la représentation. D’un côté, la recodification temporelle des mandats est présentée comme le moyen d’améliorer la représentativité des assemblées, en favorisant la diversification, le rajeunissement et la féminisation des élu∙es. D’un autre côté, l’analyse des arguments laisse entrevoir un autre effet anticipé par certain∙es acteur∙ices du débat : changer le temps de la représentation affecterait l’efficacité du pouvoir législatif. Les assemblées représentatives sont alors davantage appréhendées comme des organes législatifs plutôt que représentatifs ; c’est moins la composition des assemblées que la qualité de leur production qui est visée.