« Subversifs », « torturés », « NN » : comment la presse argentine de la transition a-t-elle nommé les victimes de la terreur d’État ?

En 1984, au cours des premiers mois de la transition démocratique en Argentine, les médias ont commencé à aborder, comme sujet principal, la question des disparus et la répression clandestine. Dans le cadre du « destape » (révélation) médiatique, qui commença dans la presse non censurée, cette prése...

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Bibliographic Details
In:URI:https://journals.openedition.org/temoigner,
Main Author: Feld, Claudia
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: Témoigner. Entre histoire et mémoire 2014
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:En 1984, au cours des premiers mois de la transition démocratique en Argentine, les médias ont commencé à aborder, comme sujet principal, la question des disparus et la répression clandestine. Dans le cadre du « destape » (révélation) médiatique, qui commença dans la presse non censurée, cette présentation journalistique, loin d’informer clairement sur le terrorisme d’État, a généré un spectacle macabre et sensationnaliste que certains observateurs de l’époque ont appelé le « show de l’horreur ». Cet article analyse comment a été construite la figure de la victime de la disparition forcée dans la presse argentine publiée entre janvier et mai 1984. L’utilisation de la notion de « victimes » de violations des droits de l’homme ou de « victimes innocentes » de la répression politique pour faire référence aux disparus n’a pas surgi immédiatement dans l’espace de la presse. D’autres figures, telles que celle de « subversifs », « torturés » ou « NN » étaient utilisées. Dans la mesure où cette couverture médiatique a été la première présentation des faits concernant les disparus à un public massif, notre analyse permet de proposer certaines hypothèses relatives aux « luttes entre mémoires » au début de la transition.