Enric Marco, c’est moi : El impostor de Javier Cercas

Avec El Impostor le romancier Javier Cercas s’intéresse de nouveau à l’état de la « mémoire historique » en Espagne. Il y retrace l’histoire d’Enric Marco, ce Catalan qui réussit à se faire passer pour un survivant du camp de Flossenbürg. Imposture qui appelle au premier abord une réaction éthique m...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/temoigner,
Autor Principal: Rasson, Luc
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Témoigner. Entre histoire et mémoire 2021
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Avec El Impostor le romancier Javier Cercas s’intéresse de nouveau à l’état de la « mémoire historique » en Espagne. Il y retrace l’histoire d’Enric Marco, ce Catalan qui réussit à se faire passer pour un survivant du camp de Flossenbürg. Imposture qui appelle au premier abord une réaction éthique mais l’écrivain a choisi d’écrire un roman – réponse esthétique qui peut surprendre : pourquoi écrire une fiction sur quelqu’un qui a déjà été le romancier de sa propre vie ? Le roman tel que le conçoit Cercas est avant tout un instrument critique qui gratte et enlève les couches de fiction qui entourent le passé du personnage. Le choix du genre romanesque permet ensuite à l’écrivain de situer le cas Marco dans une continuité culturelle hispanique – le personnage de l’imposteur devenant un Don Quichotte ayant réussi son coup, jusqu’à un certain point du moins. Faire d’Enric Marco un personnage de roman permet enfin de s’interroger sur sa singularité. Car l’ancien président de la « Asociación Amical de Mauthausen » n’est pas le seul Espagnol à avoir embelli sa biographie durant la transition de la dictature vers la démocratie. De la sorte, le romancier critique la « Loi de la mémoire historique » de 2007 qui a donné lieu, selon lui, à une forme de kitsch historique que l’imposteur a contribué à répandre.