« Faire de la place. » Les migrants européens aisés et la transformation du quartier Solvay (Bruxelles)
Cette étude interroge la contribution des migrants aisés à la transformation sociale des territoires urbains, en analysant les processus et les agents qui facilitent l’installation de ce groupe social particulier dans certains quartiers. Les résultats présentés sont le fruit d’une enquête de terrain...
Na minha lista:
| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/tem, |
|---|---|
| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Territoire en mouvement
2021
|
| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Cette étude interroge la contribution des migrants aisés à la transformation sociale des territoires urbains, en analysant les processus et les agents qui facilitent l’installation de ce groupe social particulier dans certains quartiers. Les résultats présentés sont le fruit d’une enquête de terrain menée entre février et juin 2018 à partir de méthodes qualitatives dans le quartier bruxellois Solvay. Ce dernier est situé à l’Est de la première couronne bruxelloise et est adjacent à Matongé, centralité commerciale populaire congolaise. Il connaît une internationalisation et une montée en standing marquées depuis les années 2000, liées à l’installation d’une population importante d’Européens aisés, attirés par les fonctions internationales de la ville et la présence des institutions de l’Union européenne. Ce cas d’étude montre que l’arrivée de ce groupe social à hauts revenus est liée à la production par une multitude d’agents économiques d’espaces adaptés à ses modes de consommation, via le réaménagement de l’espace public, la construction d’une offre commerciale « branchée » et le développement de nouveaux segments du marché immobilier, témoignant d’une gentrification généralisée du quartier. Les acteurs immobiliers et commerciaux tirent ainsi profit de ce public solvable, présent pour de courtes périodes et aux modes de consommation particuliers, tandis que les pouvoirs publics accompagnent voire devancent cette transformation. Celle-ci se fait au détriment des classes populaires, qui sont progressivement évincées de la zone par la réduction de l’offre en logements abordables, les nouvelles structures commerciales et les politiques sécuritaires dans l’espace urbain. De cette façon, les différents agents qui « font de la place » aux Européens aisés dans certains quartiers bruxellois contribuent de façon active à la transformation de la ville. |
|---|