Désindustrialisation et sites Seveso : danger partout, risque nulle part ?

Après la catastrophe d’AZF à Toulouse en 2001, les débats se sont cristallisés sur l’alternative entre déménager la ville ou fermer les usines. Dans ces conditions, la tendance de fond à la désindustrialisation a pu apparaitre comme une solution de facilité pour résorber le risque industriel. À part...

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الحاوية / القاعدة:URI:https://journals.openedition.org/tem,
المؤلف الرئيسي: Rufat, Samuel
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: Territoire en mouvement 2014
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الملخص:Après la catastrophe d’AZF à Toulouse en 2001, les débats se sont cristallisés sur l’alternative entre déménager la ville ou fermer les usines. Dans ces conditions, la tendance de fond à la désindustrialisation a pu apparaitre comme une solution de facilité pour résorber le risque industriel. À partir du cas de Bucarest, cet article interroge les effets de la désindustrialisation sur le risque industriel. Bucarest, capitale de la Roumanie de 2 millions d’habitants, accueille 14 sites classés Seveso, dont certains sont implantés à proximité du centre-ville. Depuis le milieu des années 1990, la part de l’emploi industriel y a été divisée par trois et les anciens espaces industriels ont été convertis en centre commerciaux et en bureaux. Mais le risque industriel a-t-il vraiment disparu ? Assiste-ton à une résorption ou à une négation du risque ? Et quel est alors le rôle de la désindustrialisation dans ce maintien à l’arrière-plan de la question du risque industriel ? Ces interrogations nécessitent d’articuler le suivi du cadre législatif et normatif avec une approche de terrain, en confrontant les discours et les pratiques des acteurs, élus, urbanistes, experts et riverains. Cette articulation mobilise des matériaux qualitatifs et quantitatifs, avec une veille de la réglementation, des entretiens qualitatifs auprès des acteurs locaux (25 entretiens), ainsi qu’une enquête auprès d’un échantillon représentatif de la population de Bucarest (625 questionnaires) sur les représentations du risque et de l’environnement. Ils montrent que la désindustrialisation ne favorise pas la mémoire du risque et les compétences nécessaires à l’expertise. Elle semble faire obstacle à l’émergence d’une culture du risque et à la mise en place d’une gouvernance de l’environnement et des risques. La désindustrialisation conduit alors à un curieux consensus parmi les riverains, les urbanistes, les experts et les élus pour faire du risque industriel une injonction extérieure sans réel fondement.