Histoires d’AMAP franciliennes : quand manger met le local dans tous ses états
Les Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne, apparues en France au tournant du XXIe siècle, s’imposent comme une formule à succès. Ces AMAP, fruit de la rencontre d’un groupe de consommateurs et d’un ou plusieurs producteurs, sont analysées comme un modèle alternatif de consommation...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/tem, |
|---|---|
| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Territoire en mouvement
2014
|
| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Les Associations pour le Maintien de l’Agriculture Paysanne, apparues en France au tournant du XXIe siècle, s’imposent comme une formule à succès. Ces AMAP, fruit de la rencontre d’un groupe de consommateurs et d’un ou plusieurs producteurs, sont analysées comme un modèle alternatif de consommation qui brise avec les circuits traditionnels de la distribution et un modèle agricole quasi militant autour de nouvelles manières de produire (le bio ou à tout le moins le raisonné) et autour de circuits courts dans un rapport direct avec le consommateur. Le maître-mot est celui de relocalisation, tant de la production que de la consommation, avec tous les effets de développement attendus dans une nouvelle synergie ville-campagne. Notre propos est celui d’un voyage en AMAP franciliennes dont le nombre avoisine aujourd’hui les trois cents avec un foisonnement d’initiatives « panier » dont certaines fort éloignées des logiques solidaires premières. Outre l’écart au modèle décliné dans la charte régionale et nationale, l’analyse portera sur le profil des consommateurs et des agriculteurs et le choix d’entrer en AMAP avec comme prisme principal le rapport au local. Souvent présenté comme évidence, ce local, au fondement même de la démarche amapienne, montre des acceptions variées selon les acteurs. Il renvoie à une acception idéelle quand il s’identifie au seul lieu de livraison ; il se teinte de matérialité quand il se focalise sur les particularités pédologiques et climatiques de production ; il privilégie l’immatériel quand il exprime la mise en relations d’un faisceau de lieux et d’organisations plus ou moins bien localisées. Ce local oscille à petite échelle entre le Bassin parisien tout entier et à grande échelle tantôt au lieu de livraison pour le consommateur tantôt à la parcelle pour le producteur. Loin de révéler un local déjà là, la démarche amapienne participe d’une création des nouveaux rapports villes-campagnes, voire de nouveaux rapports sociaux. |
|---|