Langres et la reconversion de sa citadelle militaire : mémoire, fragmentation et renouveau urbain
L’article analyse la reconversion de la citadelle militaire de Langres à la suite du retrait progressif de l’armée à partir des années 1990. Héritage de près de deux millénaires de fortifications, la citadelle, construite au XIXᵉ siècle comme ultime grande place forte française, devient rapidement o...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/tem, |
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| Autores principales: | , |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Lenguaje: | Français |
| Publicado: |
Territoire en mouvement
2026
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| Materias: | |
| Acceso en línea: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sumario: | L’article analyse la reconversion de la citadelle militaire de Langres à la suite du retrait progressif de l’armée à partir des années 1990. Héritage de près de deux millénaires de fortifications, la citadelle, construite au XIXᵉ siècle comme ultime grande place forte française, devient rapidement obsolète sur le plan militaire, avant de perdre définitivement ses fonctions stratégiques au tournant du XXIᵉ siècle. Le départ des unités militaires entraîne une perte économique, démographique et symbolique majeure pour cette petite ville rurale, confrontée à la vacance d’un patrimoine massif et difficilement reconvertible. L’article montre que la reconversion de la citadelle ne s’est pas appuyée sur un projet urbain unifié, mais sur une succession d’affectations fragmentées (logements, équipements publics, voiries, projets culturels), répondant à des logiques fonctionnelles et opportunistes. Cette fragmentation spatiale s’accompagne d’une fragmentation politique : les fortes divergences locales sur l’avenir du site ont conduit à un transfert progressif du pouvoir décisionnel de la municipalité vers le Conseil départemental, notamment avec la cession de la BSMAT. Cette dépossession décisionnelle a empêché l’émergence d’un récit patrimonial partagé, malgré des tentatives de valorisation touristique et culturelle. La citadelle apparaît ainsi moins comme un bien commun que comme un espace gouverné de l’extérieur, cristallisant conflits, controverses et sentiment de déclassement. La reconversion révèle enfin les limites de la patrimonialisation lorsqu’elle n’est pas portée par un consensus local et un projet urbain cohérent. |
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