Aux marges de la mobilisation : participants périphériques aux protestations dans le centre-ville de Tunis (2010–2011)

Cet article analyse les mobilisations protestataires qui se déploient dans le centre-ville de Tunis entre le 17 décembre 2010 et le 14 janvier 2011, dans un contexte de forte contrainte policière où l’occupation de l’espace public constitue un enjeu central. Il examine comment la répression et les d...

Szczegółowa specyfikacja

Zapisane w:
Opis bibliograficzny
Wydane w:URI:https://journals.openedition.org/tem,
1. autor: Douzi, Kaouther
Format: Article ou chapitre numérique
Język:Français
Wydane: Territoire en mouvement 2026
Hasła przedmiotowe:
Dostęp online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Streszczenie:Cet article analyse les mobilisations protestataires qui se déploient dans le centre-ville de Tunis entre le 17 décembre 2010 et le 14 janvier 2011, dans un contexte de forte contrainte policière où l’occupation de l’espace public constitue un enjeu central. Il examine comment la répression et les dispositifs de contrôle (barrages, encerclements, filtrages, dispersion) structurent non seulement les formes d’action les plus visibles, mais aussi les positions situées en marge immédiate des rassemblements. L’enquête repose sur une approche qualitative fondée sur sept entretiens réalisés entre 2020 et 2022, issus d’un corpus plus large constitué à la suite d’un appel lancé sur Facebook. Les récits recueillis permettent de reconstruire les modalités concrètes de présence dans l’espace protestataire : circulation dans les rues adjacentes, observation à distance, hésitations, participation ponctuelle ou engagement progressif au fil des séquences répressives. L’article n’établit pas une typologie figée des acteurs, mais analyse la porosité et la réversibilité des positions (manifestants, hésitants, passants, observateurs, curieux) dans un espace urbain constamment recomposé. L’analyse défend l’hypothèse que ces participants périphériques ne constituent pas un simple arrière-plan : leurs déplacements, interactions et ajustements successifs participent à la dynamique même de la mobilisation. En densifiant les présences et en rendant visibles des formes prudentes d’occupation de l’espace, ils contribuent à produire un espace protestataire instable et relationnel. La répression, loin de seulement disperser, peut favoriser des processus graduels d’intégration, où l’engagement se construit dans la coprésence et l’exposition partagée au risque. En adoptant une focale intra-urbaine sur les marges des mobilisations à Tunis, l’article montre que l’action collective ne se réduit ni à un noyau militant stable ni à une opposition binaire entre participation et passivité, mais se construit par strates successives à partir de formes différenciées de présence.