Adaptation continue et gestion du risque d’inondation en milieu urbain informel : le cas de Hay El Sellom, dans la banlieue sud de Beyrouth, au Liban

La gestion des risques d’inondation s’inscrit aujourd’hui dans un contexte de transformations profondes liées au changement climatique et à l’urbanisation rapide. Longtemps abordés sous l’angle exclusif de leur vulnérabilité structurelle, les quartiers dits informels restent insuffisamment étudiés q...

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Библиографические подробности
Опубликовано в: :URI:https://journals.openedition.org/tem,
Главный автор: Abou Sleiman, Perla
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: Territoire en mouvement 2026
Предметы:
Online-ссылка:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Описание
Итог:La gestion des risques d’inondation s’inscrit aujourd’hui dans un contexte de transformations profondes liées au changement climatique et à l’urbanisation rapide. Longtemps abordés sous l’angle exclusif de leur vulnérabilité structurelle, les quartiers dits informels restent insuffisamment étudiés quant à leur capacité à développer des formes d’adaptation pragmatique. Cet article propose d’éclairer cette question à partir du cas de Hay El Sellom, situé dans la banlieue sud de Beyrouth, un espace marqué par une marginalisation politique et institutionnelle. L’étude repose sur une méthodologie qualitative combinant entretiens semi-directifs, observations de terrain, analyse documentaire et recensements des épisodes d’inondation. Cette approche permet d’articuler les récits des habitants et des gestionnaires avec l’histoire récente des événements, afin de saisir la dynamique des réponses locales. Les résultats mettent en évidence une adaptation continue, portée par les habitants et certains gestionnaires. Elle oscille entre le « faire avec » — ajustements domestiques et actions ponctuelles — et le « faire face » — initiatives individuelles et collectives d’auto-organisation — dans un contexte où la gouvernance demeure peu efficace. L’analyse révèle aussi des dissonances comportementales : les habitants perçoivent l’inondation comme un problème quotidien et urgent, tandis que certains gestionnaires la considèrent comme un phénomène routinier, alimentant ainsi une exposition accrue au risque. Cette adaptation traduit à la fois la vulnérabilité des populations et leur capacité à maintenir une résilience minimale. Toutefois, son efficacité reste limitée par l’absence de coordination institutionnelle et par le poids des logiques partisanes qui structurent l’action publique. En conclusion, le cas de Hay El Sellom invite à repenser la gestion des inondations dans les marges urbaines, en reconnaissant la complexité des dynamiques d’adaptation continue et la dimension éminemment politique de la gouvernance.