Hétérographies du désir

Deux fois l’an, le monastère grec orthodoxe de Saint-Georges, sur l’île de Büyükada, attire plusieurs dizaines de milliers de musulmans qui viennent formuler des vœux caractérisés par une forte hétérogénéité formelle. Nous proposons pour en rendre compte la notion d’« hétérographies votives ». Nous...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/tc,
Auteurs principaux: Fliche, Benoît, Pénicaud, Manoël
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Techniques & culture 2018
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Deux fois l’an, le monastère grec orthodoxe de Saint-Georges, sur l’île de Büyükada, attire plusieurs dizaines de milliers de musulmans qui viennent formuler des vœux caractérisés par une forte hétérogénéité formelle. Nous proposons pour en rendre compte la notion d’« hétérographies votives ». Nous entendons par là l’ensemble des productions matérialisant la prière et la demande des fidèles dans une élaboration graphique plus large que l’écrit textuel. Ces hétérographies sont autant de formes d’écriture de soi, de son rapport au monde et au divin. Véritables expressions du désir intime des croyants, ces écritures votives se caractérisent par une forte hétérogénéité formelle : cierges, pierres, tissus, fils, dessins et sculptures à base de carreaux de sucre ou de brindilles, etc. Dans le contexte croissant des Material Studies, cet article vise à questionner l’articulation complexe entre matière, prière, temps et écriture. D’où vient ce besoin récurrent et transversal de fixer dans l’espace et dans le temps un désir – par définition immatériel/impalpable – dans une mise en forme hétérographique à destination de l’Autre ? Plus largement, que nous disent ces matérialités votives – envisagées comme des écritures – de la relation au sacré des acteurs sociaux ?