Prendre soin des maniocs et séduire les poissons

L’article décrit des techniques de conservation d’aliments chez les Baniwa du haut Rio Negro, en Amazonie brésilienne, dans un contexte réputé pour la pauvreté de ses eaux et de son sol. Il distingue deux types de conservation : la conservation in vivo de plantes et animaux, et la conservation de ce...

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Detaylı Bibliyografya
Yayımlandı:URI:https://journals.openedition.org/tc,
Yazar: Estorniolo, Milena
Materyal Türü: Article ou chapitre numérique
Dil:Français
Baskı/Yayın Bilgisi: Techniques & culture 2022
Konular:
Online Erişim:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
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Özet:L’article décrit des techniques de conservation d’aliments chez les Baniwa du haut Rio Negro, en Amazonie brésilienne, dans un contexte réputé pour la pauvreté de ses eaux et de son sol. Il distingue deux types de conservation : la conservation in vivo de plantes et animaux, et la conservation de ces êtres transformés en nourriture. En analysant les rapports entre les femmes et le manioc, d’un côté, et entre les hommes et les poissons, de l’autre, je montre que les différentes formes de relation établies avec ces êtres non humains ont des conséquences d’abord sur leur conservation in vivo. Alors que le manioc est l’incarnation et le don du héros mythique Kaali aux humains afin de garantir leur subsistance, les poissons et le gibier en général sont décrits comme des ennemis, responsables de morts et de maladies. La relation de protection des femmes à l’égard du manioc a permis sa domestication et sa conservation sur pieds aux jardins. La relation de prédation entre les hommes et les poissons a en revanche posé des problèmes lors de l’implantation d’un projet de pisciculture dans la région. Après la récolte ou la pêche, le manioc et les poissons, considérés comme des sujets, doivent changer de statut pour devenir des aliments propres à la consommation. La transformation du manioc en farine ou galettes et le boucanage des poissons sont des opérations culinaires qui enlèvent leurs substances toxiques et en même temps les conservent. Pour les Baniwa, la conservation des aliments est indissociable des pratiques de partage, notamment dans les moments d’abondance. L’excédent de poissons et de manioc est surtout réservé aux cérémonies collectives, mais aussi au commerce, grâce à des innovations techniques. La conservation, dans tous les cas, ne mène pas au stockage ni au rationnement de nourriture, mais permet l’intensification de la consommation, du partage et de la circulation d’aliments.