Les restes de l’industrie de l’uranium
L’industrie minière de l’uranium s’est déployée sur le territoire métropolitain entre 1948 et 2001, soit sur un demi-siècle. La région du Limousin a été la zone de production la plus importante, de l’extraction du minerai à sa concentration sur place en yellow cake. Il a résulté de cette industrie t...
Salvato in:
| Pubblicato in: | URI:https://journals.openedition.org/tc, |
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| Autore principale: | |
| Natura: | Article ou chapitre numérique |
| Lingua: | Français |
| Pubblicazione: |
Techniques & culture
2022
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| Soggetti: | |
| Accesso online: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Riassunto: | L’industrie minière de l’uranium s’est déployée sur le territoire métropolitain entre 1948 et 2001, soit sur un demi-siècle. La région du Limousin a été la zone de production la plus importante, de l’extraction du minerai à sa concentration sur place en yellow cake. Il a résulté de cette industrie trois types de restes : les stériles, les résidus et les eaux d’exhaure. La masse très importante de ces restes, stériles et résidus, est liée à la richesse du minerai extrait et traité. Ils sont radioactifs avec une très faible activité. Mais, compte tenu de la décroissance de leur radioactivité, leur impact sur l’environnement peut être considéré comme infini à l’échelle du temps humain.À partir d’une enquête réalisée intensivement entre 1996 et 2002, puis de manière plus ponctuelle jusqu’à aujourd’hui, l’article examine l’évolution de la gestion de ces restes. Il prend appui sur la notion de capacité de prise en charge et sur une méthode sociohistorique adaptée. Cette articulation permet à l’analyse sociologique de montrer la plasticité de la capacité de prise en charge de ces restes à travers le temps long et non discontinu de l’exploitation à la post-exploitation. L’analyse se déploie sur trois périodes, qui sont autant de configurations sociales distinctes depuis 1948 jusqu’à aujourd’hui : le temps béni de l’uranium, le temps disputé du nucléaire et le temps incertain de la radioactivité. Elle montre que la capacité de prise en charge de ces restes se transforme lentement, passant de la modalité attribution à la nature, à la modalité disposition à, affaire pleinement humaine. Cette transformation est l’expression de l’évolution des rapports sociaux qui agitent chacune des configurations sociales. Ces rapports se nouent en particulier autour de l’identification et de la gestion de ces restes comme déchets radioactifs, l’une et l’autre tendues entre les réglementations minière et nucléaire. Dans une certaine mesure, le maintien de cette conflictualité qui traverse ces rapports sociaux est garant d’un pouvoir mémoriel relatif à l’incertitude de la situation. |
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