Les funérailles joyeuses d’un Caterpillar

Arrivé par les airs chez les Ankave, le D3 immobilisé pendant dix ans en bordure d’une piste d’aviation dont il interdisait l’utilisation est un objet paradoxal. Sa présence et son histoire s’inscrivent dans un réseau d’acteurs, de hasards et de motivations complexes mais centrés sur le désir des An...

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Shranjeno v:
Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/tc,
Glavni avtor: Lemonnier, Pierre
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Techniques & culture 2016
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Izvleček:Arrivé par les airs chez les Ankave, le D3 immobilisé pendant dix ans en bordure d’une piste d’aviation dont il interdisait l’utilisation est un objet paradoxal. Sa présence et son histoire s’inscrivent dans un réseau d’acteurs, de hasards et de motivations complexes mais centrés sur le désir des Ankave d’accéder à ces items de modernité que sont la santé, l’école et l’accès au marché. À ce titre, c’est l’un de ces objets vers lesquels convergent toutes sortes de logiques sociales que l’anthropologue peut détailler et qui, dans d’autres circonstances, se révèlent cruciales pour penser une manière de vivre ensemble. Pour les Ankave, pourtant, ce tas de rouille est un non-objet : une chose sans l’ombre d’une utilité, hors de toute possibilité de recyclage faute des outils qui permettraient de le mettre en pièces utiles (clefs, leviers, burins, chalumeau oxhydrique, palan,…). C’est un objet sans place dans le système technique local. Juste une chose à faire disparaître dans un trou pour qu’eux-mêmes, armés de machettes et de brouettes sans pneu, voire sans roue, suppléent avec succès à la machine cassée.