Des formes cachées dans la matière. La bricologie de l’art participatif à la lumière de la pensée de Gilbert Simondon
Au début des années 1990, apparaît une nouvelle pratique artistique : l’art participatif (participatory art). Cette dernière se caractérise d’abord par une création hors atelier : la création s’inscrit dans l’espace social. Elle se distingue ensuite par le fait qu’elle n’est pas le fruit du travail...
Enregistré dans:
| 發表在: | URI:https://journals.openedition.org/tc, |
|---|---|
| 主要作者: | |
| 格式: | Article ou chapitre numérique |
| 語言: | Français |
| 出版: |
Techniques & culture
2016
|
| 主題: | |
| 在線閱讀: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 總結: | Au début des années 1990, apparaît une nouvelle pratique artistique : l’art participatif (participatory art). Cette dernière se caractérise d’abord par une création hors atelier : la création s’inscrit dans l’espace social. Elle se distingue ensuite par le fait qu’elle n’est pas le fruit du travail de l’artiste seul, mais celui d’une collaboration en présence entre artiste et participants. De nombreux artistes sont reconnus à l’échelle internationale pour leurs œuvres d’art participatif : parmi eux, Thomas Hirschhorn, Jeremy Deller, Javier Téllez ou encore Michael Rakowitz.Quiconque s’intéresse à cette nouvelle pratique artistique se retrouve rapidement confronté à l’incapacité d’en rendre compte. En effet, comment analyser des œuvres qui prennent la forme non-spectaculaire d’ateliers de cuisine ou de bricolage, de conversations informelles entre participants, de déambulations à vélo dans la ville ? Plus précisément, c’est le travail propre à l’artiste qui devient particulièrement difficile à décrire : il semble à première vue caractérisé par l’abandon d’une technicité, d’un savoir-faire. Le travail de l’artiste serait-il seulement celui d’un « facilitator » selon l’expression de Jeremy Deller, d’un organisateur d’événements et de rencontres ? Serait-ce une nouvelle pratique caractérisée par un « deskilling » de l’artiste (Bishop 2011) ?Nous faisons l’hypothèse que ce constat est le symptôme d’un manque de concepts et d’outils adaptés aux spécificités formelles de cette nouvelle pratique : nous proposons d’analyser le travail de l’artiste participatif à la lumière du concept de forme implicite, tel qu’il est proposé par le philosophe français Gilbert Simondon (Simondon 1965). Nous étudions ainsi la conversation, le bricolage, la cuisine comme des matières choisies par l’artiste pour les formes implicites qu’elles recèlent, pour les conséquences formelles décisives qu’elles impliquent. L’art propre à l’artiste participatif s’apparenterait ainsi à une maîtrise des formes implicites de l’ensemble des pratiques humaines, matières privilégiées de l’art participatif. |
|---|