La double perception du sable en Égypte ancienne

L’Égypte est une oasis dans une immense mer de sable : 96 % de la surface du pays est désertique. Au gré des changements climatiques, la population s’est progressivement regroupée sur une mince bande de terre fertile formée par la vallée du Nil. Lorsqu’on s’intéresse au rapport des Égyptiens avec le...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/tc,
1. Verfasser: Misuriello, Julie
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Techniques & culture 2014
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:L’Égypte est une oasis dans une immense mer de sable : 96 % de la surface du pays est désertique. Au gré des changements climatiques, la population s’est progressivement regroupée sur une mince bande de terre fertile formée par la vallée du Nil. Lorsqu’on s’intéresse au rapport des Égyptiens avec le sable, il faut toujours garder à l’esprit cette situation géographique particulière. Le sable constitue l’élément principal du milieu hostile et méconnu qui borde la terre fertile et familière de la Vallée. Se jouant des frontières, le sable, porté par le vent, pénètre également l’espace vital de l’Égyptien. Le lexique va ainsi expliciter la réalité d’un paysage contrasté en distinguant le sable de la rive et le sable du désert. L’étude proposée ici repose essentiellement sur l’analyse des textes, témoignages précieux laissés en abondance par une civilisation où l’écrit avait une place fondamentale. Il s’agit de réfléchir sur l’originalité de l’interaction entre les Égyptiens et le sable : comment a-t-on cohabité au quotidien avec cet élément du paysage, se l’est-on approprié, par quels moyens, et finalement comment l’a-t-on perçu ? Plusieurs approches sont envisagées dans la première partie : conséquences de l’omniprésence du sable sur les espaces domestiqués et intégration aux activités du quotidien, influence sur le corps humain. Les réponses apportées à la problématique de cohabitation avec cet élément naturel ainsi que les procédés techniques mis en place à partir du sable considéré comme un matériau sont également examinés. Le deuxième volet de l’étude concerne le sable dans les textes sacrés. Différents rituels faisant intervenir du sable ainsi que des épisodes mythiques citant l’élément sont discutés. Il apparaît clairement que l’ambiguïté issue de l’expérience quotidienne, sable fertile mais aussi, par opposition, sable hostile voire dangereux, est transposée dans le discours religieux. Selon le contexte, des valeurs positives (protection, pureté, sacralité, fertilité), ou au contraire négatives (dangerosité, hostilité, léthargie, infertilité, stérilité, entrave au déplacement) lui seront attribuées. En dernier lieu, l’interrogation porte sur le statut accordé au sable. À la fois solide et liquide, matière mouvante et fluide, sa nature même implique-t-elle l’attribution d’un statut particulier par rapport aux autres éléments naturels, également intégrés au discours mythique ?