Un canal comme support mnémotechnique pour la généalogie ?
Les études consacrées aux réseaux d’irrigation ont généralement pour objet d’expliciter la logique sociale encodée dans l’infrastructure et les règles de partage de l’eau. Ces travaux ont permis d’établir qu’une société organise la gestion de la ressource en eau selon des critères qui lui semblent s...
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| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/tc, |
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| Autor Principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
Techniques & culture
2010
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| Sujets: | |
| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Les études consacrées aux réseaux d’irrigation ont généralement pour objet d’expliciter la logique sociale encodée dans l’infrastructure et les règles de partage de l’eau. Ces travaux ont permis d’établir qu’une société organise la gestion de la ressource en eau selon des critères qui lui semblent socialement pertinents, en fonction bien sûr des contraintes environnementales et technologiques auxquelles elle est soumise. En revanche, l’influence de la gestion de l’eau sur la société est méconnue. Pourtant, comme le montrent Edmund Leach à Ceylan et Paul Ottino à Madagascar pour le foncier, le fait de partager une ressource peut avoir des influences sur la structuration de la société à travers le système de dévolution des biens.Le cas malgache dont il sera question ici permet d’envisager cet effet « rétro » de l’irrigation sur la société. En effet, le groupe des irrigants du canal Analambano Be se présente comme un groupe de parents, à tel point qu’avoir des droits sur le canal permet d’induire l’existence d’un lien de parenté. Le canal s’avère être le support d’un discours en termes de parenté, et plus encore, la structure de l’objet elle-même est une source discursive essentielle.Partant du canal et de son histoire, cet article explore les relations sociales qui unissent les utilisateurs entre eux, en expliquant notamment les règles de transmission des droits d’eau. Il montre ainsi l’importance de la parenté patrimoniale par l’eau, les lignées d’héritiers permettant de reconstituer une généalogie qui vient concurrencer et finalement remplacer la parenté « réelle », et analyse à quel point ce phénomène acquière une dimension particulière à Madagascar où avoir une généalogie permet de revendiquer le statut d’« homme libre ». Enfin, il décrit comment ces groupes sociaux, discrets jusqu’alors, réussissent finalement à obtenir une reconnaissance sociale par le biais de l’organisation de comités d’irrigants. |
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