Le syndrome Micromégas

L’expérience historique montre que, régulièrement, les débats théoriques sur le rapport nature/culture s’immobilisent en des antagonismes bipolaires et que ceux-ci se superposent comme s’il n’y avait en définitive qu’un seul duel avec de multiples facettes. Nous sommes tellement habitués à cette sit...

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Dades bibliogràfiques
Publicat a:URI:https://journals.openedition.org/tc,
Autor principal: Guille-Escuret, Georges
Format: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicat: Techniques & culture 2010
Matèries:
Accés en línia:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripció
Sumari:L’expérience historique montre que, régulièrement, les débats théoriques sur le rapport nature/culture s’immobilisent en des antagonismes bipolaires et que ceux-ci se superposent comme s’il n’y avait en définitive qu’un seul duel avec de multiples facettes. Nous sommes tellement habitués à cette situation que nous finissons par la ressentir comme une évidence implacable. Au mieux, nous l’interprétons comme l’issue d’une confrontation idéologique permanente. Cependant, on oublie alors qu’une confrontation de cette sorte ne peut s’installer qu’en obtenant un minimum de garanties de part et d’autre : il faut que les ennemis soient tacitement d’accord sur certaines « règles du jeu ». Ou, plus exactement, sur les façons d’enfreindre celles qui devraient prévaloir dans le jeu scientifique.La plus importante de ces règles, sans doute, consiste à accepter que les questions se déplacent sans contrôle d’une échelle de réalité à l’autre, d’un niveau de structuration à l’autre : du microcosme au macrocosme. Or, chaque interrogation appelle un cadre de référence spatial et temporel qui est nécessaire au contrôle de sa teneur. Et elle se transforme au fur et à mesure que l’on modifie ou que l’on déplace ce cadre.À travers quelques débats fameux sur les « causes » du cannibalisme, cet article montre comment la discussion scientifique demeure muselée par un manque de surveillance sur ce plan et comment elle est artificiellement immobilisée par le refus général de distinguer des cadres de référence différents pour des questions s’attachant à des aspects incommensurables de la causalité.