Quand les objets s’animent
Existe-t-il une différence fondamentale entre le regard porté sur un macaque naturalisé et celui qui se porte sur son frère de chair et de sang ? Est-ce le regard de l’objet lui-même qui fait la différence, et qui, pour parodier abusivement Lévinas, installe au zoo le regardant dans une posture ambi...
محفوظ في:
| الحاوية / القاعدة: | URI:https://journals.openedition.org/tc, |
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| المؤلف الرئيسي: | |
| التنسيق: | Article ou chapitre numérique |
| اللغة: | Français |
| منشور في: |
Techniques & culture
2010
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| الموضوعات: | |
| الوصول للمادة أونلاين: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| الملخص: | Existe-t-il une différence fondamentale entre le regard porté sur un macaque naturalisé et celui qui se porte sur son frère de chair et de sang ? Est-ce le regard de l’objet lui-même qui fait la différence, et qui, pour parodier abusivement Lévinas, installe au zoo le regardant dans une posture ambiguë ? Comment l’interaction diffère-t-elle entre ces deux registres quand l’un est condamné au rôle d’objet, fût-il animé d’un souffle de vie ? Comment l’immobilité de l’un, la chaleur du corps de l’autre influent-elles sur les conditions de réception de celui qui les considère ? Quelles sont les attentes et les attitudes face à l’un et à l’autre ? Bref, les motivations qui président à la visite d’un muséum d’histoire naturelle sont-elles spécifiquement différentes de celles qui conduisent à se rendre au parc zoologique ?Autant de questions que cet article approche à partir d’une réflexion suscitée par une étude de public conduite à l’occasion du chantier de rénovation du parc zoologique de la Citadelle de Besançon. Commençant par faire une revue de la littérature des études existantes et des sources disponibles sur les publics fréquentant les zoos et les muséums, puis en comparant leur profil et les types de discours et de représentations sociales mobilisées par les uns et les autres, l’article se poursuit par l’analyse d’une situation concrète d’un site présentant à la fois un muséum et un parc zoologique. Les profils des publics rencontrés font apparaître des logiques sociales correspondant à chacun des groupes et mettent à jour des demandes et des désirs différents concernant les zoos. Si certains entendent rentabiliser leur visite en voyant le maximum d’animaux présentés, d’autres privilégient le confort des espèces et le contexte de présentation, mais aussi les informations apportées sur les animaux et leur biotope respectif, si bien que des oppositions se manifestent qu’il n’est pas aisé de satisfaire dans un chantier de réhabilitation. L’article tend à montrer qu’une sensibilisation et un accompagnement des publics doivent être entrepris pour amener à de nouvelles perceptions sur ces espaces, à l’image du musée qui est passé d’une accumulation d’objets à une mise en discours et à un récit assumé. |
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