Quand faire c’est seulement dire

La littérature anthropologique sur le mot magique, inaugurée par Malinowski puis poursuivie entre autres par Stanley Tambiah, n’a cessé de souligner l’entremêlement du verbe et du geste technique. Mais comment penser les cas, fréquents, où le mot magique se profère sans s’inscrire dans une chaîne op...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/tc,
Auteur principal: Vienne, Emmanuel de
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Techniques & culture 2023
Sujets:
Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:La littérature anthropologique sur le mot magique, inaugurée par Malinowski puis poursuivie entre autres par Stanley Tambiah, n’a cessé de souligner l’entremêlement du verbe et du geste technique. Mais comment penser les cas, fréquents, où le mot magique se profère sans s’inscrire dans une chaîne opératoire matérielle, où il ne confère pas de supplément de puissance à un geste ou un objet physique présent par ailleurs ? En comparant deux traditions amazoniennes, ce court article entend comparer deux traditions différentes. L'une (les anent achuar) met en œuvre, par un travail expressif de la voix, une polyphonie énonciative, quand l'autre (les kewere du Haut-Xingu) donne à percevoir l'énonciation elle-même comme pur geste technique. On détaillera ce dernier cas, afin de mettre en lumière quelles techniques vocales permettent paradoxalement de construire une magie sans voix.