Le tabellionage et l’histoire économique : l’exemple de la draperie rouennaise au Moyen Âge (1360-1415)

Le tabellionage peut-il nous permettre d’approcher l’organisation économique et sociale d’une industrie, comme la draperie médiévale ? La draperie rouennaise nous servira de modèle. Les premiers registres de Rouen, à partir de 1360, ont conservé les actes concernant les affaires commerciales, mais l...

Descrizione completa

Salvato in:
Dettagli Bibliografici
Pubblicato in:URI:https://journals.openedition.org/tabularia,
Autore principale: Roch, Jean-Louis
Natura: Article ou chapitre numérique
Lingua:Français
Pubblicazione: Tabularia 2024
Soggetti:
Accesso online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
id openedition-oai:revues.org:tabularia_7248
record_format openedition
collection OpenEdition Journal
language Français
format Article ou chapitre numérique
building 0/Bibliothèque numérique/
1/Bibliothèque numérique/OpenEdition Journals/
topic Rouen
tabellionage
économie médiévale
draperie
Rouen
tabellionage
medieval economy
cloth trade
Rouen
tabellionato
economia medievale
drapperia
Rouen
Notariat
mittelalterliche Wirtschaft
Tuchmacherei
spellingShingle Rouen
tabellionage
économie médiévale
draperie
Rouen
tabellionage
medieval economy
cloth trade
Rouen
tabellionato
economia medievale
drapperia
Rouen
Notariat
mittelalterliche Wirtschaft
Tuchmacherei
Roch, Jean-Louis
Le tabellionage et l’histoire économique : l’exemple de la draperie rouennaise au Moyen Âge (1360-1415)
description Le tabellionage peut-il nous permettre d’approcher l’organisation économique et sociale d’une industrie, comme la draperie médiévale ? La draperie rouennaise nous servira de modèle. Les premiers registres de Rouen, à partir de 1360, ont conservé les actes concernant les affaires commerciales, mais l’on ne sait pas toujours la personne qui se cache sous le nom, et le nom lui-même est rarement accompagné de la profession. Et, à partir de 1415-1419, les affaires commerciales, ce que l’on appelle le « meuble », disparaissent. L’enquêteur doit donc travailler dans une fenêtre du temps et rechercher la profession dans les réglementations des métiers. Trois séries d’actes ont permis d’accéder au déroulement de la production : l’achat de laine, les frais de teinture et la location d’installations à tendre le drap avant la vente, les pentheurs, en début et fin du processus. Selon le modèle florentin, la draperie médiévale était censée être dominée par le marchand-drapier, qui achetait la laine, la faisait travailler et vendait le drap, mais il n’était pas certain que ce modèle fonctionne au nord des Alpes. C’est cette dernière thèse que l’enquête a voulu confirmer, en décrivant un monde de la petite entreprise, qui ne laissait guère de place au grand marchand capitaliste. L’enquête a aussi révélé l’importance des réseaux financiers et des réseaux familiaux, le rôle de l’entraide et celui d’une culture de la confiance. À côté du marchand-entrepreneur, il a existé aussi de petits artisans entrepreneurs.
author Roch, Jean-Louis
author_facet Roch, Jean-Louis
author_sort Roch, Jean-Louis
title Le tabellionage et l’histoire économique : l’exemple de la draperie rouennaise au Moyen Âge (1360-1415)
title_short Le tabellionage et l’histoire économique : l’exemple de la draperie rouennaise au Moyen Âge (1360-1415)
title_full Le tabellionage et l’histoire économique : l’exemple de la draperie rouennaise au Moyen Âge (1360-1415)
title_fullStr Le tabellionage et l’histoire économique : l’exemple de la draperie rouennaise au Moyen Âge (1360-1415)
title_full_unstemmed Le tabellionage et l’histoire économique : l’exemple de la draperie rouennaise au Moyen Âge (1360-1415)
title_sort le tabellionage et l’histoire économique : l’exemple de la draperie rouennaise au moyen âge (1360-1415)
publisher Tabularia
publishDate 2024
container_title URI:https://journals.openedition.org/tabularia
url https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://doi.org/10.4000/12qyd
https://ezproxy.univ-orleans.fr/login?url=https://journals.openedition.org/tabularia/7248
_version_ 1877292229764055040
spelling openedition-oai:revues.org:tabularia_7248 https://doi.org/10.4000/12qyd urn:doi:10.4000/12qyd fr https://journals.openedition.org/tabularia/7248 2024-11-25T01:00:00Z info:eu-repo/semantics/openAccess article info:eu-repo/semantics/article urn:handle:20.500.13089/12qyd https://creativecommons.org/licenses/by/4.0/ Le tabellionage et l’histoire économique : l’exemple de la draperie rouennaise au Moyen Âge (1360-1415) Tabularia Presses universitaires de Caen info:eu-repo/semantics/reference/issn/1630-7364 URI:https://journals.openedition.org/tabularia Roch, Jean-Louis Rouen tabellionage économie médiévale draperie Rouen tabellionage medieval economy cloth trade Rouen tabellionato economia medievale drapperia Rouen Notariat mittelalterliche Wirtschaft Tuchmacherei Le tabellionage peut-il nous permettre d’approcher l’organisation économique et sociale d’une industrie, comme la draperie médiévale ? La draperie rouennaise nous servira de modèle. Les premiers registres de Rouen, à partir de 1360, ont conservé les actes concernant les affaires commerciales, mais l’on ne sait pas toujours la personne qui se cache sous le nom, et le nom lui-même est rarement accompagné de la profession. Et, à partir de 1415-1419, les affaires commerciales, ce que l’on appelle le « meuble », disparaissent. L’enquêteur doit donc travailler dans une fenêtre du temps et rechercher la profession dans les réglementations des métiers. Trois séries d’actes ont permis d’accéder au déroulement de la production : l’achat de laine, les frais de teinture et la location d’installations à tendre le drap avant la vente, les pentheurs, en début et fin du processus. Selon le modèle florentin, la draperie médiévale était censée être dominée par le marchand-drapier, qui achetait la laine, la faisait travailler et vendait le drap, mais il n’était pas certain que ce modèle fonctionne au nord des Alpes. C’est cette dernière thèse que l’enquête a voulu confirmer, en décrivant un monde de la petite entreprise, qui ne laissait guère de place au grand marchand capitaliste. L’enquête a aussi révélé l’importance des réseaux financiers et des réseaux familiaux, le rôle de l’entraide et celui d’une culture de la confiance. À côté du marchand-entrepreneur, il a existé aussi de petits artisans entrepreneurs. The study of tabellionage records can reveal the economic and social organisation of medieval industries, such as cloth production in late medieval Rouen. The earliest registers from Rouen, dating from 1360 onwards, preserve acts relating to commerce, but we do not always know the people behind the recorded names, and names are rarely accompanied by professions. Furthermore, from 1415 onwards, commercial matters relating to what is called “meuble” in Middle French disappear from the records. Any investigation is therefore restricted to a narrow period (1360-1415), and professions must be sought by examining craft regulations. Three series of acts reveal the various stages of cloth production: the purchase of the wool, the costs of dyeing, and the rental of facilities for stretching the cloth before sale, the “pentheurs” (large wooden poles), at the beginning and end of the process. According to the Florentine model, the medieval cloth trade was usually dominated by merchant-drapers who bought the wool, organised its manufacture into cloth and sold the finished product. It is unclear, however, whether this model works north of the Alps, and the present study instead reveals a world of small businesses that left little room for great merchant-capitalists. The investigation also reveals the importance of financial and family networks and the roles of mutual aid and a culture of trust. Alongside merchant-entrepreneurs, there were also small artisan-entrepreneurs. Il tabellionato può permetterci di avvicinarci all’organizzazione economica e sociale di un’industria, come la drapperia medievale? La drapperia di Rouen ci servirà da modello. I primi registri di Rouen, a partire dal 1360, hanno conservato gli atti riguardanti gli affari commerciali, ma non si sa sempre chi si nasconde dietro il nome, e il nome stesso è raramente accompagnato dalla professione. E, a partire dal 1415-1419, gli affari commerciali, ciò che si chiama il “mobile”, scompaiono. Il ricercatore deve quindi lavorare all’interno di una finestra temporale e cercare la professione nelle regolamentazioni dei mestieri. Tre serie di atti hanno permesso di accedere allo svolgimento della produzione: l’acquisto della lana, le spese per la tintura e l’affitto di installazioni per stendere il panno prima della vendita, gli asciugatoi, all’inizio e alla fine del processo. Secondo il modello fiorentino, la drapperia medievale doveva essere dominata dal mercante-drappeggiatore, che acquistava la lana, la faceva lavorare e vendeva il panno, ma non era certo che questo modello funzionasse a nord delle Alpi. È quest’ultima tesi che la ricerca ha voluto confermare, descrivendo un mondo di piccole imprese, che lasciava poco spazio al grande mercante capitalista. L’indagine ha anche rivelato l’importanza delle reti finanziarie e delle reti familiari, il ruolo dell’aiuto reciproco e quello di una cultura della fiducia. Accanto al mercante-imprenditore, esistevano anche piccoli artigiani imprenditori. Kann das Notariat zur Untersuchung der wirtschaftlichen und sozialen Organisation eines historischen Gewerbes wie der mittelalterlichen Tuchmacherei nutzbar gemacht werden? Als Fallbeispiel soll hier die Rouener Tuchmacherei dienen, deren früheste Register von 1360 an notarielle Einträge über kommerzielle Angelegenheiten enthalten. Die Identitäten der in diesen Registern namentlich erwähnten Personen können nicht immer festgestellt werden, zumal deren Namen selten mit einer Berufsbezeichnung versehen sind. Das als „Möbel“ bezeichnete Gewerbe verschwand außerdem ab 1415-1419. Forschern steht daher nur ein sehr enges Zeitfenster zur Verfügung, innerhalb dessen sie zur Berufsbestimmung auf die Gewerbeordnungen zurückgreifen müssen. Drei Aktenreihen geben Aufschluss über den Produktionsablauf: den Einkauf der Wolle, die Färbekosten und die Miete für das Equipment, das zum Spannen der Stoffe vor dem Verkauf diente, und die am Beginn und Ende des Prozesses stehenden Pentheure(?). Nach florentinischem Vorbild wurde die mittelalterliche Tuchmacherei nominell von Kaufleuten dominiert, die zunächst die Wolle einkauften, sie dann verarbeiteten und schließlich die Stoffe verkauften. Ob dieses Modell auch nördlich der Alpen funktionierte, ist hingegen fragwürdig. Dies zeigt die vorliegende Untersuchung mit Blick auf die Welt eines Kleingewerbes, das den kapitalistischen Großkaufmännern wenig Raum ließ. Aufgezeigt wird hierbei die Bedeutung finanzieller und familiärer Netzwerke und einer auf gegenseitige Unterstützung fußenden Vertrauenskultur. Neben dem großen Kaufmannsunternehmer gab es auch kleine Handwerksunternehmer.