Nova traditio. La fête de la Conception de la Vierge Marie au Mont Saint-Michel (XIIe-XVe siècles)
L’expression nova traditio employée par Bernard de Clairvaux dans sa biographie de saint Malachie (§ 42) pour louer son œuvre de restaurateur et d’innovateur convient pour désigner le statut de la solennité de la Conception de la Vierge quand elle est introduite début XIIe siècle au Mont Saint-Miche...
Enregistré dans:
| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/tabularia, |
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| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Tabularia
2023
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| Fag: | |
| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | L’expression nova traditio employée par Bernard de Clairvaux dans sa biographie de saint Malachie (§ 42) pour louer son œuvre de restaurateur et d’innovateur convient pour désigner le statut de la solennité de la Conception de la Vierge quand elle est introduite début XIIe siècle au Mont Saint-Michel au sein d’une tradition liturgique partiellement héritée de Guillaume de Volpiano. En complément des études liturgiques réalisées à l’occasion du Millénaire monastique du Mont Saint-Michel, l’auteur montre la dépendance de l’ajout de la messe du 8 décembre au Sacramentaire du Mont [Rouen, Bibl. patrim. François Villon, ms Suppl. 116] avec le Missel de Winchester [Le Havre, Bibl. mun., ms 330 (A32)], propriété de la bibliothèque de saint Wandrille, manuscrit qui a vraisemblablement été le pont entre Angleterre et Normandie dans l’introduction de la fête du 8 décembre. On observe durant les siècles suivants à l’abbaye montoise une fidélité à cette solennité par son inscription dans les calendriers, par le choix d’un rit propre à la fête pour la messe et l’office et par le degré de la fête. Cependant la mise en ordre du XIIIe siècle dont le poids s’exerce aussi dans le domaine liturgique modifie, certes de façon réduite, la portée théologique de la fête. Ce double mouvement, fondé sur la stabilité et la création d’une tradition propre à l’abbaye mais qui reste perméable aux influences extérieures, ne fait pas du scriptorium du Mont Saint-Michel un artefact mais un paradigme du développement de la « Fête aux Normands ». La comparaison avec les traditions des scriptoriums de Fécamp et Jumièges permet de l’affirmer et de mieux cerner les enjeux de cette « innovation traditionnée » pour l’abbaye montoise. Mais elle laisse également entrevoir l’existence d’une réforme liturgique active au XIIIe siècle à laquelle les scriptoriums du Mont et de Fécamp se sont soumis. |
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