Entre journal et épopée: le théâtre d’actualité de la Révolution
Tout au long de la décennie révolutionnaire, les théâtres ont réservé aux événements de l’actualité une place très importante. Il ne pouvait alors être question seulement de divertissement et la politisation des séances théâtrales comme celle du répertoire était bien réelle, même si elle n’a pas att...
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| 发表在: | URI:https://journals.openedition.org/studifrancesi, |
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| 主要作者: | |
| 格式: | Article ou chapitre numérique |
| 语言: | Français |
| 出版: |
Studi Francesi
2016
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| 在线阅读: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 总结: | Tout au long de la décennie révolutionnaire, les théâtres ont réservé aux événements de l’actualité une place très importante. Il ne pouvait alors être question seulement de divertissement et la politisation des séances théâtrales comme celle du répertoire était bien réelle, même si elle n’a pas atteint les proportions que lui ont prêtées les critiques du xixe et d’une bonne partie du xxe siècle. La force des événements a suscité une floraison de pièces qui les commentent et les fixent dans la mémoire tout en essayant de leur donner une portée pédagogique ou d’en extraire une leçon politique. Une première modalité de convocation de l’actualité relève du régime de l’allusion, éternel sans doute, lié au présent et participant de la définition du théâtre lui-même, la dimension satirique du théâtre comique et des parodies impliquant la création d’une relation directe entre la pièce, le public contemporain et la cible de la satire. Un second ensemble d’ouvrages présente un récit illustrant, racontant, imageant un événement précis: il s’agit des pièces qui ont «raconté» la mort de Marat et réitéré ses funérailles ou de celles qui évoquent les grands moments de la guerre ou les «journées révolutionnaires». En ces cas, le théâtre oriente son interprétation et constitue l’événement en discours, en «représentation», tout en appartenant à cet événement comme, en un sens, un journal qui l’annonce, puisqu’il opère à chaud et qu’il participe de son élaboration intrinsèque. Une forme par certains côtés neuve, une sorte de journalisme théâtral s’invente là. On est bien en présence d’un «théâtre épique bourgeois» ou populaire qui mêle la propagande à l’épopée et où la distance épique résiderait précisément dans l’éternité même de ce présent, dans la conscience d’être placé devant l’Histoire en train d’advenir ainsi que dans la conscience de faire l’Histoire. Par là, les publics de la dernière décennie de la Révolution ont accédé au quotidien qui était le leur selon des modalités originales qui sont restées à peu près inédites en France. |
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