Panique dans le ciel intertextuel

Lancée en 1953, la série des Bob Morane hérite des modèles narratifs du roman d’aventures coloniales et de ses reformulations anglo-saxonnes d’après-guerre dont elle investit massivement les stéréotypes ; mais elle se retrouve rapidement confrontée au processus de décolonisation qui condamne à terme...

Full beskrivning

Sparad:
Bibliografiska uppgifter
I publikationen:URI:https://journals.openedition.org/strenae,
Huvudupphovsman: Letourneux, Matthieu
Materialtyp: Article ou chapitre numérique
Språk:Français
Publicerad: Strenae 2013
Ämnen:
Länkar:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beskrivning
Sammanfattning:Lancée en 1953, la série des Bob Morane hérite des modèles narratifs du roman d’aventures coloniales et de ses reformulations anglo-saxonnes d’après-guerre dont elle investit massivement les stéréotypes ; mais elle se retrouve rapidement confrontée au processus de décolonisation qui condamne à terme les conventions sur lesquelles repose le genre investi par Henri Vernes. L’histoire de la série est donc celle d’un processus de réarticulation des codes d’un genre, celui du roman d’aventures coloniales, suivant des contraintes géopolitiques et un nouveau système architextuel dont elle illustre les mutations. Au croisement de problèmes historiques et esthétiques, cette série au long cours pose à la fois la question des pratiques de fictions sérielles et celle de la prise en compte par la littérature de jeunesse du phénomène de la décolonisation, mettant en évidence les tensions qui existent entre les logiques référentielles intertextuelles et la mise en scène de l’espace référentiel extratextuel. Si elle tend à privilégier les logiques sérielles, elle assimile l’évolution des représentations, mais de biais, par le détour des intertextes et des imaginaires romanesques. Dès lors, le discours sur le monde ne peut être saisi que médiatement, comme réalité sous-jacente au jeu des imaginaires intertextuels, quand ceux-ci tendent à pérenniser les héritages du genre, comme autant de couches archéologiques du récit. Procéder à cette archéologie de l’œuvre sérielle, décomposer les couches narratives et les imaginaires successifs dont elle est le résultat, déterminer la façon dont l’auteur les organise en un discours propre, c’est à la fois révéler la part des idéologies dont le récit est le produit, et échapper à une lecture trop monologique d’une œuvre qui est aussi la manifestation en un discours auctorial unique d’une multitude de voix.