Les budgets des tisseurs de soie lyonnais au Parlement britannique, ou les dynamiques de la production des savoirs d’État (1832)

En mars 1832, la Chambre des communes du Parlement britannique crée une commission parlementaire chargée d’examiner le marché de la soie britannique et international. L’institution de cette commission déclenche une vaste enquête sur ce marché qui amène notamment les tisseurs de soie lyonnais, les fa...

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التفاصيل البيبلوغرافية
الحاوية / القاعدة:URI:https://journals.openedition.org/statsoc,
المؤلف الرئيسي: Piguet, Laure
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: Statistique et société 2026
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الوصول للمادة أونلاين:Accès Université d'Orléans et IFPM
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الملخص:En mars 1832, la Chambre des communes du Parlement britannique crée une commission parlementaire chargée d’examiner le marché de la soie britannique et international. L’institution de cette commission déclenche une vaste enquête sur ce marché qui amène notamment les tisseurs de soie lyonnais, les fameux canuts, à élaborer des budgets ouvriers à l’intention des parlementaires britanniques. À partir de ce cas, cet article se penche sur les modalités de production et de circulation des statistiques destinées à l’activité parlementaire au début du dix-neuvième siècle en Grande-Bretagne. Il cherche à éclairer les dynamiques et les processus qui ont permis à des savoirs marginalisés de se faire une place au sein de cette instance majeure du pouvoir politique britannique. Pour comprendre ces dynamiques, l’article présente tout d’abord les différents acteurs à l’origine de cette enquête et leurs motivations diverses. Il détaille ensuite les méthodes du commissaire John Bowring mandaté pour recueillir des informations sur la soie lyonnaise, méthodes spécifiques qui expliquent en partie son intérêt pour les savoirs ouvriers. Il analyse enfin les budgets ouvriers produits par deux tisseurs de soie, Joachim Falconnet et Pierre Charnier, pour donner suite à la demande de Bowring, mais dont la forme s’inspire d’une tradition statistique chez les tisseurs de soie qui remonte aux années 1770 au moins.