Le statut de l’animal dans le système sacrificiel des Gourmantché (Haute-Volta)

Le système sacrificiel des Gourmantché nous confronte à des faits dont l’agencement semble obéir à une logique déconcertante. Cela est dû principalement au statut ambigu qu’y occupe l’animal. Dire que l’animal sacrificiel est une offrande faite aux puissances « surnaturelles » semble bien reproduire...

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In:URI:https://journals.openedition.org/span,
Main Author: Cartry, Michel
Format: Article ou chapitre numérique
Language:Français
Published: Systèmes de pensée en Afrique noire 2013
Subjects:
Online Access:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Description
Summary:Le système sacrificiel des Gourmantché nous confronte à des faits dont l’agencement semble obéir à une logique déconcertante. Cela est dû principalement au statut ambigu qu’y occupe l’animal. Dire que l’animal sacrificiel est une offrande faite aux puissances « surnaturelles » semble bien reproduire fidèlement le dire de tous les informateurs. Mais dès qu’on entreprend de décrire toutes les opérations centrées sur l’animal (la façon dont on le choisit, la manière dont on en parle, ou dont on le reproduit symboliquement par des signes, les gestes qu’on accomplit pour le mettre à mort, les traitements divers qu’on fait subir à sa dépouille, les règles qu’on suit pour consommer des parties de son corps, etc.), alors la notion d’offrande paraît s’effriter. À la notion vague d’animal-offrande, on peut certes substituer celle de « chose » vivante, élue pour servir à l’effectuation d’un meurtre. Cette action, en injectant de la mort dans la sphère de la vie profane, va créer les conditions d’émergence d’un espace de rencontre entre les hommes et les dieux. Mais dans cette nouvelle théorie, on comprend mal pourquoi le corps de l’animal doit présenter, comme c’est le cas chez les Gourmantché, des caractéristiques très précises.