Meurtre, souillure et cannibalisme dans une chefferie mélanésienne maré (Iles Loyauté)
Le sang versé n'est pas, chez les gens de Maré, le signe du guerrier tueur d'ennemis. L'homicide fait l'objet d'une technique dont le « maître du mal » [acania] est le spécialiste exclusif : toute mort peut lui être imputée. Par absorption des excréments puis du cadavre putr...
Kaydedildi:
| Yayımlandı: | URI:https://journals.openedition.org/span, |
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| Materyal Türü: | Article ou chapitre numérique |
| Dil: | Français |
| Baskı/Yayın Bilgisi: |
Systèmes de pensée en Afrique noire
2014
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| Konular: | |
| Online Erişim: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Özet: | Le sang versé n'est pas, chez les gens de Maré, le signe du guerrier tueur d'ennemis. L'homicide fait l'objet d'une technique dont le « maître du mal » [acania] est le spécialiste exclusif : toute mort peut lui être imputée. Par absorption des excréments puis du cadavre putréfié du chef, le maître du mal rend disponible les « os de cadavre » [kaze] de chef qui permettront à quelque autre maître du mal d'assurer l'entreprise des guerriers ou simplement de tuer à distance. Irrémédiablement « souillé » par ses pratiques mortifères, ce promoteur de guerres et pourvoyeur de chair humaine prend place auprès du chef comme sa doublure meurtrière, au détriment du « dernier-né » [eteshet] qui le précéda pour reconduire les cycles de prestations agricoles et favoriser la paix. Ce jeu institutionnel concurrent, qui définit la chefferie de Maré, recouvre celui des alliances matrimoniales dont les énoncés dévoilent l'ambiguïté du lien qui unit le chef à son maître du mal. |
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