Contraindre, ou le rôle funèbre du jādu paṭuā, « peintre-magicien » (Bengale, Inde)
Le jādu paṭuā, hindou de basse caste, est à l'affût des décès qui surviennent chez les Santals. Par une habileté à jouer des trois personnes (je, tu, il) dans les paroles qu'il prononce devant la maison endeuillée, il recrée la contrainte de deuil qui lie le fils à son père tant que ce der...
保存先:
| 出版年: | URI:https://journals.openedition.org/span, |
|---|---|
| 第一著者: | |
| フォーマット: | Article ou chapitre numérique |
| 言語: | Français |
| 出版事項: |
Systèmes de pensée en Afrique noire
2014
|
| 主題: | |
| オンライン・アクセス: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| 要約: | Le jādu paṭuā, hindou de basse caste, est à l'affût des décès qui surviennent chez les Santals. Par une habileté à jouer des trois personnes (je, tu, il) dans les paroles qu'il prononce devant la maison endeuillée, il recrée la contrainte de deuil qui lie le fils à son père tant que ce dernier n'est pas « entré dans le royaume des morts », où règne Yama, « dieu magicien » et « dieu de l'écriture ». Par ses artifices, les objets cités dans ce discours, et manipulés par le fils, deviennent ceux du défunt. Ayant ainsi rouvert une créance, le paṭuā en fixe les termes ; sur l'image (paṭ) mortuaire dont il est porteur, et qui, par la force des mots, représente bien au terme du discours le défunt, il pose la pupille de l'oeil qui permettra à ce dernier de « voir ». Pour les Santals, l'art du paṭuā relève du jādu « magie ». Mais on peut aussi se demander si son habileté à contraindre ne le fait pas apparaître comme une figure de Yama lui-même. |
|---|