Objets forts et rapports sociaux. Le cas des Yapere Minyanka

Au lieu de partir de l'objet fétiche et d'exposer une théorie de la croyance « fétichiste », cette analyse, après un bref rappel historique des réticences des anthropologues face à ces notions, part de l'idée marxiste de fétichisation des rapports sociaux. Le parallèle entre le fétich...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/span,
1. Verfasser: Colleyn, Jean-Paul
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Systèmes de pensée en Afrique noire 2013
Schlagworte:
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:Au lieu de partir de l'objet fétiche et d'exposer une théorie de la croyance « fétichiste », cette analyse, après un bref rappel historique des réticences des anthropologues face à ces notions, part de l'idée marxiste de fétichisation des rapports sociaux. Le parallèle entre le fétichisme de la monnaie et de la marchandise, d'une part, et des objets de culte africains, d'autre part, trouve rapidement sa limite puisque ces derniers ne se réalisent pas par l'échange. L'exemple du culte de Nya montre cependant qu'à travers les objets yapèrè, il y a stockage de force sociale et constitution de rapports de dépendance. La fabrication, l'acquisition, la détention et l'entretien des yapèrè requièrent des compétences précises et l'allégeance d'un groupe social hiérarchisé. La puissance de ces objets, que l'on explique par métonymie et par la théorie de l'énergie mise en oeuvre lors des sacrifices, leur permet d'apparaître comme une instance souveraine plus ou moins bien contrôlée par les aînés. L'exercice du culte donne une expression publique aux luttes d'influence et fournit une grille d'interprétation des aléas de la vie.