Des tueries horribles ? Les violences religieuses dans la France du xvie siècle selon les mémorialistes

Les mémoires rédigés par des témoins des affrontements confessionnels du xvie siècle français constituent des sources particulièrement adaptées pour saisir les seuils de tolérances de contemporains aux massacres religieux. Ils livrent un large éventail de réactions, de la ferme condamnation d’abus à...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/sourcesarche,
Autor Principal: Ropp, Laurent
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Source(s) 2025
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:Les mémoires rédigés par des témoins des affrontements confessionnels du xvie siècle français constituent des sources particulièrement adaptées pour saisir les seuils de tolérances de contemporains aux massacres religieux. Ils livrent un large éventail de réactions, de la ferme condamnation d’abus à la justification de violences, en passant par un certain malaise vis-à-vis des tueries. Lorsque celles-ci sont dénoncées, les narrateurs mettent en valeur leur caractère extrême et la malheureuse rupture de la paix que les actes de brutalité engendrent. Mais les réactions différenciées des mémorialistes face à des massacres commis dans des circonstances similaires suggère l’existence d’autres facteurs permettant d’expliquer pourquoi ces gestes apparaissent comme des horreurs. L’étude comparative des mémoires révèle le rôle de l’identité religieuse de l’auteur, plus ou moins affirmée, et de la période de rédaction : les textes qui expriment un dépassement du seuil de tolérance directement lié à la confession des victimes sont rédigés pendant les affrontements et marqués par la piété de leurs auteurs tandis que les mémoires plus tardifs et composés par des individus dont l’ardeur religieuse paraît plus faible livrent des condamnations de tueries qui ne sont pas orientées par une logique confessionnelle.