La linéarisation de la frontière austro-ottomane au xviiie siècle : la carte et le territoire

La linéarisation de la frontière entre la monarchie habsbourgeoise et l’Empire ottoman au tournant des xviie et xviiie siècles a longtemps été perçue comme le résultat d’un processus de modernisation politique et diplomatique. Mais de quoi parle-t-on ? La reconnaissance réciproque de la souveraineté...

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Veröffentlicht in:URI:https://journals.openedition.org/sourcesarche,
1. Verfasser: Landais, Benjamin
Format: Article ou chapitre numérique
Sprache:Français
Veröffentlicht: Source(s) 2025
Online Zugang:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Beschreibung
Zusammenfassung:La linéarisation de la frontière entre la monarchie habsbourgeoise et l’Empire ottoman au tournant des xviie et xviiie siècles a longtemps été perçue comme le résultat d’un processus de modernisation politique et diplomatique. Mais de quoi parle-t-on ? La reconnaissance réciproque de la souveraineté sur un territoire ne crée pas à elle seule la ligne frontière. L’existence de cette dernière dépend de logiques de marquage de l’espace. Entre le trait du cartographe de cabinet, les bornes placées par l’arpenteur, la matérialité des dispositifs de surveillance ou de défense et la perception des sociétés locales, l’écart est important. Selon le niveau de lecture choisi, les rythmes et les ressorts de la linéarisation sont différents. Ils ne sont pourtant pas sans rapport entre eux. Les entreprises cartographiques menées sous le patronage ou portées par l’initiative directe des autorités habsbourgeoises montrent que l’établissement d’une frontière linéaire n’est ni un objectif conscient ni un horizon forcément désirable. La linéarisation apparaît plutôt comme une conséquence accidentelle d’une pacification et d’une impérialisation des confins.