Dans les archives littéraires francophones africaines : Approche génétique et constitution de corpus
Cet article présente des matériaux de recherche et l’usage qui en est fait dans les différents chantiers menés par l’équipe Manuscrits francophones de l’ITEM (Institut des textes et manuscrits modernes, unité mixte de recherche CNRS-ENS). Ce laboratoire créé en 1982 pour étudier les processus de cré...
Gardado en:
| Publicado en: | URI:https://journals.openedition.org/sources, |
|---|---|
| Autor Principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado: |
Sources
2024
|
| Sujets: | |
| Acceso en liña: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Résumé: | Cet article présente des matériaux de recherche et l’usage qui en est fait dans les différents chantiers menés par l’équipe Manuscrits francophones de l’ITEM (Institut des textes et manuscrits modernes, unité mixte de recherche CNRS-ENS). Ce laboratoire créé en 1982 pour étudier les processus de création littéraire a développé une approche méthodologique et critique, appelée génétique textuelle, qui fait un usage singulier des sources, ou plutôt des traces, en littérature. L’équipe Manuscrits francophones est née en 2008, à la faveur de l’intérêt manifesté par Pierre-Marc de Biasi pour deux corpus africains qui lui semblaient pouvoir renouveler les études génétiques par leur caractère exceptionnel : les manuscrits du Malgache Jean-Joseph Rabearivelo et ceux du Congolais Sony Labou Tansi. Nous avons dès l’entame mené ce travail conjoint sur plusieurs corpus. Près de quinze ans plus tard, le recul permet de réévaluer les méthodes mobilisées et de reformuler les objectifs de recherche. Dans un premier temps, après avoir donné quelques éclairages sur les notions-clés de la démarche génétique, je m’attache à décrire et questionner sa méthode spécifique de traitement des sources. Cette méthode se décline en plusieurs étapes, de la constitution du « dossier de genèse » – qui pose la question de l’implication personnelle du chercheur dans la collecte – au classement génétique des documents, à leur transcription et leur numérisation. Cette phase de numérisation est essentielle, même si son rôle dans la préservation pérenne des archives et dans l’accès à distance des chercheurs aux données commence à faire débat. À soi seule elle ne permet en rien l’accessibilité, à part pour ceux qui ont réalisé la numérisation. D’où l’importance d’envisager systématiquement un plan de diffusion numérique, qui comprenne un modèle économique. C’est l’objet de la deuxième partie.Une fois le matériau rassemblé, organisé, transcrit et numérisé, donc devenu corpus de recherche, il est généralement édité sur support papier ou numérique, dès lors que les autorisations de publication sont accordées. Les choix éditoriaux sont fonction des objectifs de diffusion et des différentes contraintes, y compris économiques, à prendre en compte au moment de la mise en partage. Ce dispositif pratiqué par l’équipe Manuscrits francophones de l’ITEM, d’abord en grande partie empirique, puis progressivement soutenu et étayé par des échanges d’expérience avec d’autres équipes, n’est pas sans susciter des questionnements à plusieurs niveaux. Dans la dernière partie de cet article, je partage quelques-unes des réflexions sur les enjeux éthiques et juridiques qui l’ont accompagné jusqu’à aujourd’hui. Ces enjeux concernent notamment le rapport entretenu avec les archives, avec les ayants droit, avec les pays, in fine la manière de travailler avec les Suds. |
|---|