De la pertinence de l’utilisation de comparatifs ethnoarchéologiques pour l’étude des structures architecturales antiques
Pour pallier les carences de la documentation archéologique, par nature limitée, l’usage de données issues de l’ethnographie peut permettre de donner du sens à des vestiges anciens. Courante au Proche-Orient et en Europe, cette démarche reste rare dans la vallée du Nil moyen. Cet article vise à inte...
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| প্রকাশিত: | URI:https://journals.openedition.org/sources, |
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| প্রধান লেখক: | |
| বিন্যাস: | Article ou chapitre numérique |
| ভাষা: | Français |
| প্রকাশিত: |
Sources
2024
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| বিষয়গুলি: | |
| অনলাইন ব্যবহার করুন: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| সংক্ষিপ্ত: | Pour pallier les carences de la documentation archéologique, par nature limitée, l’usage de données issues de l’ethnographie peut permettre de donner du sens à des vestiges anciens. Courante au Proche-Orient et en Europe, cette démarche reste rare dans la vallée du Nil moyen. Cet article vise à interroger le bien-fondé du recours à l’observation ethnographique dans le cas de la fabrication des briques de terre – massivement utilisées depuis des millénaires –, en mettant en parallèle cette activité dans le Soudan d’aujourd’hui avec ce que nous savons de celle-ci au Soudan à l’époque méroïtique (iiie siècle avant J.-C. – ive siècle après J.-C.). Une enquête menée en 2018 dans deux briqueteries traditionnelles de la vallée du Nil soudanaise a permis de produire, par l’observation des pratiques des artisans, un ensemble de données ethnographiques qui éclairent d’un jour nouveau les vestiges archéologiques. Après avoir retracé l’introduction de la brique et ses utilisations dans la vallée du Nil moyen depuis l’Antiquité puis présenté la méthode de collecte des données mise en œuvre dans le cadre de cette étude, on s’intéressera à la chaîne opératoire de fabrication des briques modernes. On rappellera ensuite le principe de l’ethnoarchéologie – selon lequel le travail ethnographique vient en aide à l’interprétation de situations archéologiques – et ses faiblesses, avant d’exposer les prérequis nécessaires à l’analogie ethnoarchéologique, que sont la convergence culturelle et des conditions géographiques et socio-économiques proches entre les deux groupes considérés, tout en gardant à l’esprit que ces conditions sont aujourd’hui remises en question par les transformations rapides des modes de vie des sociétés dites traditionnelles.Enfin, la discussion portera sur les informations apportées par l’examen des briques modernes à la compréhension des conditions de production des briques anciennes. L’étude de ces dernières permet en effet de connaître les méthodes utilisées pour leur fabrication ou leur composition mais également le caractère des productions (domestique ou de masse), la saisonnalité des travaux, la réutilisation de matériaux de récupération ou la nature des groupes humains affectés à cette tâche. Elle offre en outre la possibilité d’évaluer des rendements et donc l’investissement en temps et en force de travail, la spécialisation plus ou moins accrue requise par certains savoir-faire. Elle permet enfin d’appréhender, au moins en partie, la circulation des savoirs et des artisans, l’approvisionnement et la gestion des chantiers de construction antiques.Pour conclure, cet article souhaite proposer une place à la discipline ethnoarchéologique dans l’étude des relations entre les techniques de fabrication et leur contexte de production. L’observation de pratiques actuelles ou subactuelles appliquées à l’étude des choix techniques passés a vocation à se développer, notamment au sein de l’étude des savoir-faire. |
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