‘Je te l’ai bien dit, j’ai pas de sœur.’ Les effets de l’écriture autobiographique sur la relation d’enquête, Kampala, Ouganda

Cet article vise à décrire les perturbations que l’anthropologue produit dans le quotidien de ses interlocuteur.rices et les réponses que ces dernier.ères mobilisent pour répondre à ces perturbations. Lors d’une enquête de terrain à Kampala, Monica, réfugiée de République Démocratique du Congo, me d...

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Xuất bản năm:URI:https://journals.openedition.org/sources,
Tác giả chính: Franklin, Aude
Định dạng: Article ou chapitre numérique
Ngôn ngữ:Français
Được phát hành: Sources 2024
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Tóm tắt:Cet article vise à décrire les perturbations que l’anthropologue produit dans le quotidien de ses interlocuteur.rices et les réponses que ces dernier.ères mobilisent pour répondre à ces perturbations. Lors d’une enquête de terrain à Kampala, Monica, réfugiée de République Démocratique du Congo, me demande par téléphone de venir chez elle. Elle m’y explique que Esther, qui a revendiqué un lien de parenté entre elles quelques jours plus tôt, n’est pas sœur (« je te l’ai bien dit, j’ai pas de sœur »). À partir de cette situation ethnographique et de trois récits migratoires écrits par Monica et ses fils, je propose de réfléchir sur les enjeux de cohérence et de maintien du récit de la migration pour ce qu’ils instaurent, dans le vif de la relation ethnographique. Plus généralement, il s’agit d’interroger les méthodes de l’enquête et les matériaux issus de ces méthodes depuis les moments de leur production (les relations intersubjectives entre enquêtés et enquêtrice) et de questionner leurs effets sur l’enquête. Dans le cas présent, l’écriture à l’identique des récits de Monica et ses deux fils met en évidence la construction d’une expérience fixe et commune de la migration. Parce que je suis automatiquement affiliée aux structures de l’asile, le dispositif ethnographique génère des enjeux de validation, d’adhésion et de justification de l’expérience migratoire, surdéterminés par les régimes de l’asile. En prenant en compte les cadres structurels et contextuels de ma recherche, mais aussi la place qui m’est accordée au sein des structures de l’asile, je questionnerai l’usage de l’écriture autobiographique (et plus généralement des méthodes d’enquête) comme des modalités de contrôle des perturbations générées par ma présence.