‘Soixante minutes de cours d’histoire sans aucun papier’ : Historiographies vernaculaires et ethnicisation du politique en Guinée
L’article est conçu comme le commentaire d’un discours tenu en avril 2023 par le ministre de la Défense guinéen, Aboubacar Sidiki Camara, figure centrale de la junte militaire au pouvoir à Conakry depuis le coup d’État de 2021. Prenant la parole dans un festival littéraire sur le thème « Armée-natio...
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| Veröffentlicht in: | URI:https://journals.openedition.org/sources, |
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| Hauptverfasser: | , |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
Sources
2025
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| Schlagworte: | |
| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | L’article est conçu comme le commentaire d’un discours tenu en avril 2023 par le ministre de la Défense guinéen, Aboubacar Sidiki Camara, figure centrale de la junte militaire au pouvoir à Conakry depuis le coup d’État de 2021. Prenant la parole dans un festival littéraire sur le thème « Armée-nation », le ministre se livre à une longue digression sur l’histoire de la Guinée, qu’il tend implicitement à réduire à un face-à-face entre deux communautés ethniques, les Peul et les Malinké. C’est cette digression, ayant suscité une véritable polémique sur les réseaux sociaux, que les auteurs entendent ici replacer dans un contexte plus large d’ethnicisation du politique en Guinée. Les propos du ministre de la Défense sont alors compris comme le signe d’un lent processus de bi-polarisation de la vie politique guinéenne, aux accents ethno-nationalistes. En mêlant pèle-mêle des références érudites à la bibliothèque coloniale, aux historiographies afro-centristes ou aux épopées africaines du Manden, Aboubacar Sidiki Camara intensifie des dynamiques d’affirmation ethnique à l’œuvre en Guinée, sans pourtant n’y faire jamais explicitement référence. En ce sens, sur un plan théorique, l’article se propose de réinvestir la question des récits historiques non strictement historiens, tenus à la lisière ou à la marge du champ académique, dans un contexte politique ethnicisé. Ces historiographies vernaculaires semblent être une manière euphémisée d’aborder la question ethnique, tout en renforçant la légitimité présumée ancestrale des identités qui s’y rattachent. Il s’agira donc d’interroger le rôle et le statut de ces récits érudits du passé, en particulier au sein des arènes politiques des nouveaux régimes militaires ouest-africains, dont on ne saurait sous-estimer le potentiel hégémonique. |
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