Passeur d’images : regards d’un photographe amateur sur la société marocaine, la collection de Désiré Sic, 1912-1934
Cet article présente un fonds photographique amateur, dont une grande partie porte sur le Maroc colonial, de 1912 aux années 1930. Pour constituer ces photographies en sources, la démarche consiste tout d’abord à chercher à faire l’histoire de la collection de ces quatre mille photographies : commen...
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| Hauptverfasser: | , |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprache: | Français |
| Veröffentlicht: |
Sources
2024
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| Schlagworte: | |
| Online Zugang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Zusammenfassung: | Cet article présente un fonds photographique amateur, dont une grande partie porte sur le Maroc colonial, de 1912 aux années 1930. Pour constituer ces photographies en sources, la démarche consiste tout d’abord à chercher à faire l’histoire de la collection de ces quatre mille photographies : comment un tel ensemble de plaques de verre parvient-il jusqu’aux historiens ? Quelles sont la part et l’intention de l’auteur des images ? Quel statut celles-ci reçoivent-elles au fil des décennies ? Nous tentons de restituer la démarche de ce sous-officier de l’armée française qui photographie le Maroc pendant deux décennies et s’emploie ensuite à conserver ces images pendant tout le reste de son existence, au sein de l’intimité familiale. Il s’agit dès lors d’étudier la production, la circulation et la conservation de ces photographies produites par un acteur modeste, en dehors de toute célébrité, de toute reconnaissance culturelle, politique ou sociale. Source discrète, longtemps ignorée, oubliée, ces images ont fait l’objet d’une archéologie familiale, qui détermine l’accès des chercheurs.Que voyons-nous par ces photographies réalisées sans objectif affiché de documentation ? Comment peut-on inscrire un tel fonds dans l’imagerie coloniale ? Le parcours du photographe amateur se construit au long sa carrière de sous-officier puis d’officier du génie dans l’armée française, pendant ses séjours au Maroc, de part et d’autre de la Grande Guerre. La temporalité des prises de vues et celle de la constitution de la collection sont à interroger, afin de cerner le contexte des photographies parvenues jusqu’à nous. La démarche de recherche tente alors de s’attacher aux indices qui témoignent de l’intentionnalité dans la constitution de ce fonds, postulant que, même si elle relève de l’intime et n’est jamais formulée, la démarche de conservation n’est en rien laissée au hasard.Aussi, le fonds des photographies de Désiré Sic, qu’elles soient prises au Maroc ou en France, peut-il s’inscrire dans l’histoire de la pratique amateur des débuts du xxe siècle et permet d’interroger la nature de cette pratique : simple usage d’un outil technique banalisé ou production culturelle à valeur originale, de la part d’un autodidacte ?Ce sont alors les indices de la culture visuelle de cet acteur modeste qu’il convient de rassembler. Comment s’approprie-t-il le répertoire orientaliste ? Comment use-t-il des règles communes aux photographes excursionnistes ? Cette approche conduit à interroger les spécificités du regard orientaliste et colonial, en les confrontant aux autres motifs récurrents qui imprègnent ces photographies d’amateur.Ainsi, est-il possible d’approcher la dimension documentaire de ces fonds quant aux instantanés de la colonisation, la question du pouvoir étant récurrente malgré la position modeste de l’auteur dans la hiérarchie militaire et dans la société. C’est au croisement des regards, que ce fonds invite, sans isoler l’expérience coloniale d’une culture transnationale. |
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