« Elles cherchent leur barbe ? »
La formidable autorité de la figure de Jean-Sébastien Bach, « alpha et oméga » de toute musique selon la célèbre formule de Max Reger, est largement relayée, dans la culture savante comme populaire, par un imaginaire masculin, et même masculiniste : contre une musique romantique jugée trop effusive...
Sparad:
| I publikationen: | URI:https://journals.openedition.org/socrep, |
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| Huvudupphovsman: | |
| Materialtyp: | Article ou chapitre numérique |
| Språk: | Français |
| Publicerad: |
Sociétés & représentations
2025
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| Länkar: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Sammanfattning: | La formidable autorité de la figure de Jean-Sébastien Bach, « alpha et oméga » de toute musique selon la célèbre formule de Max Reger, est largement relayée, dans la culture savante comme populaire, par un imaginaire masculin, et même masculiniste : contre une musique romantique jugée trop effusive ou « subjective », l’art du contrepoint est régulièrement présenté comme « objectif » et pythagoricien, donc supposément masculin. Il en découle une inflation de discours sur une prétendue incapacité des femmes à jouer correctement Bach, cliché dont la musicologie récente – notamment depuis l’introduction des études de genre – a déminé les présupposés. Dans leurs romans centrés sur des figures de musiciennes, Elfriede Jelinek, Nancy Huston et Anna Enquist mettent en scène des femmes interprétant Bach au clavier, en faisant de ce geste un acte révolutionnaire : la contestation de l’hégémonie masculine passe par une appropriation du génie bachien. Dans ce cadre, l’interprétation des Variations Goldberg, partition à l’écriture contrapuntique requérant une extrême virtuosité, constitue un enjeu singulier, qui est interrogé, sur un double plan formel et symbolique, dans les romans de Nancy Huston et Anna Enquist. |
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