Quand l'urgence règne : de l’accoutumance aux troubles aux grammaires de la pop-politique

Lorsque les situations de crise se pérennisent et que les « procédures interprétatives » confortent cette durabilité, une configuration perceptive, cognitive et sociétale se met en place pour que l’urgence règne. Ainsi, non seulement l’urgence se banalise et devient contexte, mais les biais multiple...

詳細記述

保存先:
書誌詳細
出版年:URI:https://journals.openedition.org/sociologies,
第一著者: García Sánchez, Pedro José
フォーマット: Article ou chapitre numérique
出版事項: SociologieS 2021
主題:
オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
その他の書誌記述
要約:Lorsque les situations de crise se pérennisent et que les « procédures interprétatives » confortent cette durabilité, une configuration perceptive, cognitive et sociétale se met en place pour que l’urgence règne. Ainsi, non seulement l’urgence se banalise et devient contexte, mais les biais multiples d’une égalité par le bas semblent plus que jamais de mise. Un processus d’accoutumance aux troubles est ainsi conforté et normalise l’« émancipation » de l’action publique du souci d’évaluation et de ses procédures les plus démocratiques. D’où le paradoxe de l’urgence devenue culture : elle n’entraîne plus seulement la valorisation publique extraordinaire d’un objectif social ou sa mise en agenda politique, mais devient la forme même du social et du politique. Cet article réfléchit à la cité fragilisée du Venezuela contemporain par des chroniques analytiques du vécu médical/sanitaire et des conflits d’urbanité où la mise en contexte sociohistorique et les capacités mobilisées sont mises en valeur. Entre pénuries et surcharges diverses, les acteurs font face aux épreuves d’identification et de repérage, de justification et d’argumentation, de valorisation et de communication, d’opportunisme et d’ajustements, d’interaction situationnelle et de distribution de l’attention, de tranquillité publique et de civilisation. Le laboratoire social de la pop-politique chaviste-bolivarienne et son « épique » sont analysés depuis une perspective sociocognitive. Celle-ci s’intéresse aux vicissitudes pragmatiques de l’incertain, ainsi qu’au rôle organisationnel joué par une grammaire de la guerre dont l’enracinement binaire, la logique autoritaire et les effets polarisants ne cessent d’interpeler l’histoire latino-américaine.