Les territoires et leurs limites en Limousin dans le haut Moyen Âge et le concept de « déterritorialisation »

Les premières études sur les limites de la cité des Lémovices remontent au XIXe siècle et s’appuient sur le principe général, longtemps accepté, d’adéquation entre l’ancien diocèse et la cité antique qui l’a précédé. Force est cependant de constater qu’en Limousin, la plupart des auteurs qui ont tra...

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書誌詳細
出版年:URI:https://journals.openedition.org/siecles,
第一著者: Boyer, Jean-François
フォーマット: Article ou chapitre numérique
言語:Français
出版事項: Siècles 2021
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オンライン・アクセス:Accès Université d'Orléans et IFPM
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要約:Les premières études sur les limites de la cité des Lémovices remontent au XIXe siècle et s’appuient sur le principe général, longtemps accepté, d’adéquation entre l’ancien diocèse et la cité antique qui l’a précédé. Force est cependant de constater qu’en Limousin, la plupart des auteurs qui ont travaillé cette question et notamment le pionnier, Maximin Deloche, l’ont toujours fait avec de grandes précautions et un réel pragmatisme, soulignant l’existence de nombreuses variations de limites entre la cité et le diocèse de Limoges pendant le haut Moyen Âge. Il apparaît cependant qu’en dépit de ces exceptions, le principe général de correspondance entre cité antique et diocèse médiéval a paru globalement valide. Dans les années 2000, ce principe de correspondance a été remis en cause de façon radicale par des chercheurs s’appuyant essentiellement sur les distorsions de limites constatées, ce qui a parfois conduit à l’idée de limites incertaines, floues, voire inexistantes dans le haut Moyen Âge pour ces espaces administrés. Est apparu alors le concept de « déterritorialisation » du diocèse selon lequel l’espace administré par l’évêque n’aurait dans un premier temps trouvé sa consistance que dans la reconnaissance par les habitants d’un lieu donné de tel ou tel évêque et donc de tel ou tel siège épiscopal. Par la suite cette idée cheminant, des auteurs ont fini par refuser toute idée de limites ou de frontières pour les subdivisions des comtés ou des diocèses du haut Moyen Âge, par exemple pour les paroisses primitives. Cette vision semble rendue possible par le fait que les sources sont pauvres et très lacunaires pour le haut Moyen Âge et autorisent toutes les interprétations. Si cette hypothèse de « territoire par consentement » est envisageable dans les régions situées à l’extérieur de l’Empire romain, comme par exemple dans les espaces germaniques, elle pourrait être moins évidente dans des régions fortement marquées par l’administration romaine comme l’Aquitaine. Des exemples pratiques et bien documentés en Limousin pour les époques mérovingiennes et carolingiennes, tant pour les contours externes que pour les subdivisions internes, entrent en contradiction avec cette théorie.