L’Auvergne dans la Grande Guerre. Les Montagnards d’Henri Pourrat et la rhétorique de la dette

La Grande Guerre représente certes une modification brutale et profonde de la vie sociale et culturelle des régions françaises, mais elle constitue également un révélateur de l’état des relations entre sociétés locales et État, dans une perspective historique longue de la politisation. Les hautes te...

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Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/siecles,
Glavni avtor: Cornu, Pierre
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Siècles 2016
Teme:
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Opis
Izvleček:La Grande Guerre représente certes une modification brutale et profonde de la vie sociale et culturelle des régions françaises, mais elle constitue également un révélateur de l’état des relations entre sociétés locales et État, dans une perspective historique longue de la politisation. Les hautes terres de déprise agraire du Massif central représentent de ce point de vue un terrain d’observation particulièrement intéressant, mettant en lumière la fusion des inquiétudes sur l’avenir de l’agriculture de peuplement dans la modernité et sur le prix à payer pour pérenniser le compromis agrarien avec l’État républicain. L’écrivain et folkloriste Henri Pourrat, jeune encore au déclenchement de la guerre, et travaillé par son incapacité physique à participer à la guerre, est déjà un penseur et un styliste affirmé, dont on ne saurait faire le témoin banal d’une opinion courante de « l’arrière ». Mais par l’acuité et l’originalité de son regard, par son antimodernisme déjà mûrement réfléchi, ce sont les failles et les ambiguïtés du patriotisme qui nous sont révélées, et par-delà même le sort du pays, une réflexion sur le devenir de la « civilisation agraire » dans une modernité qui révèle soudainement sa puissance d’arrachement et de destruction. Le cycle de poèmes Les Montagnards, écrit entre 1916 et 1917, révèle ainsi à l’historien les traces d’une profonde angoisse collective, dans une forme inattendue mais frappante d’ethnographie poétique de la guerre.