Giordano Bruno et Shakespeare : la poétique d’une écriture dans l’Europe de la Renaissance

Plus que des échos éventuels de la pensée de Giordano Bruno dans les textes de Shakespeare et de ses contemporains, ce sont les parentés d’écriture entre le philosophe et tous ces praticiens de la « copia » ou du sonnet maniériste qui sont retenues ici. Tout se passe comme si les littératures d’Euro...

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Bibliografske podrobnosti
izdano v:URI:https://journals.openedition.org/shakespeare,
Glavni avtor: Venet, Gisèle
Format: Article ou chapitre numérique
Jezik:Français
Izdano: Actes des congrès de la Société française Shakespeare 2007
Online dostop:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Opis
Izvleček:Plus que des échos éventuels de la pensée de Giordano Bruno dans les textes de Shakespeare et de ses contemporains, ce sont les parentés d’écriture entre le philosophe et tous ces praticiens de la « copia » ou du sonnet maniériste qui sont retenues ici. Tout se passe comme si les littératures d’Europe et l’écriture de Bruno ne formaient qu’un seul « texte » présentant une même « texture », obsédées qu’elles sont des mêmes figures et processus d’oxymores, d’anamorphoses et d’ironiques subversions, tandis que perdure l’omniprésente influence pétrarquiste. L’esthétique du mouvement et de la poétique des contraires qui les fédère, et dans laquelle Bruno trouve les mots et la liberté créatrice pour exprimer ses intuitions sur l’univers infini, trouve sa justification dans une épistémologie de cette écriture due à Bruno lui-même : la « coincidentia oppositorum » de Nicolas de Cuse, qu’il a faite sienne, explique la nécessaire déstructuration du monde clos en une dynamique de forces contraires qui affectent le monde et l’homme tout entier, rendant compte aussi d’un plaisir du déplaisir dans toute expérience, nécessairement rendue douce-amère par ce principe de contradiction. Bruno se révèle donc bien le philosophe baroque qui écrit comme son siècle en même temps qu’il rend raison de la poétique baroque de cette écriture : « coincidentia oppositorum » au cœur des mots révélatrice de la « coincidentia oppositorum » au cœur des choses.