Shakespeare et la géographie imaginaire de l’Europe
Bien qu’il n’emploie jamais le terme de géographie (signalé dès 1542 en Angleterre), Shakespeare attache une importance particulière au cadre spatial de ses pièces où les toponymes constituent des signifiants complexes chargés d’échos poétiques et de résonances symboliques. Les lieux qu’il décrit so...
Shranjeno v:
| izdano v: | URI:https://journals.openedition.org/shakespeare, |
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| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Jezik: | Français |
| Izdano: |
Actes des congrès de la Société française Shakespeare
2007
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| Online dostop: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Izvleček: | Bien qu’il n’emploie jamais le terme de géographie (signalé dès 1542 en Angleterre), Shakespeare attache une importance particulière au cadre spatial de ses pièces où les toponymes constituent des signifiants complexes chargés d’échos poétiques et de résonances symboliques. Les lieux qu’il décrit sont souvent des lieux doubles dont une face est réelle, l’autre imaginaire. Dès lors, l’imaginaire géographique européen qui prévaut chez lui est synonyme d’évasion, de détour ou de contournement pour des personnages en quête de liberté ou d’identité. Comme dans la représentation de l’Europe en femme sur l’une des planches de la Cosmographie (Bâle, 1588) de Sébastien Münster, Shakespeare a en effet tendance à féminiser les parties de cette cartographie partiellement imaginaire. La forêt d’Arden, devenue refuge ou sanctuaire des exilés ou des réfractaires, prend ainsi des allures de sein maternel. Mais le flou cartographique prévaut néanmoins dans la plupart des pièces afin de multiplier les jeux de la polysémie. Les allusions à l’Europe constituent pour Shakespeare un palimpseste géographique et beaucoup des itinéraires qu’il suggère sont bien souvent des chemins qui ne mènent nulle part. L’imaginaire du lieu reste ainsi indissociable de la topographie du temps |
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