Shakespeare’s wanton hours. Indices d’un jeu d’esprit moral dans l’art théâtral et pictural
Shakespeare semble prendre un malin plaisir à donner à certaines de ses pièces des allures de véritable jeu de dupes, tant pour les protagonistes que pour le public. Dans King John, pièce dont les tournures satiriques font hésiter entre comédie et tragédie, le dramaturge a savamment mêlé des lieux c...
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| Udgivet i: | URI:https://journals.openedition.org/shakespeare, |
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| Hovedforfatter: | |
| Format: | Article ou chapitre numérique |
| Sprog: | Français |
| Udgivet: |
Actes des congrès de la Société française Shakespeare
2007
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| Online adgang: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Summary: | Shakespeare semble prendre un malin plaisir à donner à certaines de ses pièces des allures de véritable jeu de dupes, tant pour les protagonistes que pour le public. Dans King John, pièce dont les tournures satiriques font hésiter entre comédie et tragédie, le dramaturge a savamment mêlé des lieux communs moraux à l’intrigue historique comme autant d’indices ironiques. Ainsi, devant les manigances du prélat du pape, le dauphin Louis perd toute mesure dans le jeu du pouvoir et des apparences qu’il croit dominer, et commet l’impair suprême de transformer le conflit en une partie de cartes (v.ii.104-114). Une erreur de taille en termes d’image, qui lui sera néfaste. L’intrigue rejoint alors le niveau de la farce et les protagonistes seront engagés dans une guerre de pantins. Les termes contradictoires « gallant head of war » ou « lusty trumpets » trouvent ensuite leur reflet dans la description que le Bâtard donne de l’armée française imberbe : « This harness’d masque and unadvised revel » troublante réminiscence des jeux d’enfants dans l’art pictural et métaphore de la folie humaine. Chez Shakespeare le jeu de « société » auquel le public est convié mène alors parfois vers une réflexion salutaire sur l’aveuglement envers soi et envers le monde. |
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