L’Esthétique du jeu cruel dans la tragédie domestique élisabéthaine et jacobéenne

Dans cette communication seront passées en revue les différentes formes de jeu présentes dans la tragédie domestique : jeu de cartes, jeu de dés, jeu de trictrac, jeu des armes, jeu de chasse. Certaines activités ludiques étaient parfois connotées négativement. Ainsi la figure du « fils prodigue »,...

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Τόπος έκδοσης:URI:https://journals.openedition.org/shakespeare,
Κύριος συγγραφέας: Mailhol, Jean-Claude
Μορφή: Article ou chapitre numérique
Γλώσσα:Français
Έκδοση: Actes des congrès de la Société française Shakespeare 2007
Διαθέσιμο Online:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Περιγραφή
Περίληψη:Dans cette communication seront passées en revue les différentes formes de jeu présentes dans la tragédie domestique : jeu de cartes, jeu de dés, jeu de trictrac, jeu des armes, jeu de chasse. Certaines activités ludiques étaient parfois connotées négativement. Ainsi la figure du « fils prodigue », possédé par le démon du jeu, devient récurrente dans le drame domestique : elle s’incarne dans le sinistre héros de A Yorkshire Tragedy, jouet d’un destin qu’il ne contrôle plus. Il est victime du jeu, cause de sa perdition et de celle de sa famille. Le personnage et l’accessoire scénique symbolisant sa déchéance, le dé, ne font plus qu’un. Le lexique, mais aussi le jeu de l’acteur, reflètent la condition du héros damné. À travers le jeu de société se déploie tout un jeu verbal où le sens des mots se dédouble. Le jeu de cartes devient jeu sexuel dans la tragédie de Heywood A Woman Killed with Kindness, alors que, dans la grande tragédie anonyme Arden of Faversham, le jeu de dés permet aux personnages malfaisants de jouer avec la vie de leurs semblables. Mais le jeu n’est-il pas avant tout d’ordre esthétique ? Certes, dans le jeu de la chasse sont mises en scène les relations entre dominant chasseur et proie chassée, comme dans Two Tragedies in One. Mais le dramaturge développe parallèlement une esthétique poétique : Robert Yarington joue des échos et des effets de miroir, par l’introduction de doubles. Mis en abyme dans une scène, le motif de la chasse se mue alors en une ample métaphore où le jeu de création artistique n’est pas incompatible avec une vision sombre du monde.