« I’ll have the knave of trumps » : cartes et arnaques, ou l’art d’attraper les conils selon Robert Greene
On centrera notre étude sur le jeu « corrompu » par des partenaires déloyaux : les tricheurs professionnels sévissant dans les bas-fonds de Southwark. Le jeu de mauvaise société qu’on tentera d’analyser sera le jeu de cartes, en particulier « mumchance » et « decoy », et l’on s’attachera à faire res...
Gorde:
| Argitaratua izan da: | URI:https://journals.openedition.org/shakespeare, |
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| Formatua: | Article ou chapitre numérique |
| Hizkuntza: | Français |
| Argitaratua: |
Actes des congrès de la Société française Shakespeare
2007
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| Sarrera elektronikoa: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Gaia: | On centrera notre étude sur le jeu « corrompu » par des partenaires déloyaux : les tricheurs professionnels sévissant dans les bas-fonds de Southwark. Le jeu de mauvaise société qu’on tentera d’analyser sera le jeu de cartes, en particulier « mumchance » et « decoy », et l’on s’attachera à faire ressortir le « double entendre » de cette terminologie. On s’intéressera au pamphlet de Robert Greene, A Notable Discovery of Cozenage (1591), et à ce qu’il présente comme « the art of cony-catching »: « a deceit at cards […] growing by enormity into a cozenage ». En s’appuyant sur la typologie de Roger Caillois, on verra que la tricherie vient d’abord de ce que l’âgon (l’esprit de compétition) et l’aléa (le rôle imparti à la chance) sont niés, et que l’on feint d’initier la dupe à cet art de la triche. Le jeu de cartes se double donc d’un jeu de séduction relevant du trompe-l’œil, celui de l’appât du gain immédiat, qui conduit la dupe au vertige (ilinx). On montrera que le tricheur, en revanche, maîtrise l’art du renversement et incarne l’aspect de la mètis qui « s’oriente du côté de la ruse déloyale, du mensonge perfide, de la traîtrise » (Dètienne et Vernant). Enfin, on avancera que le jeu de cartes perverti est étroitement lié à un jeu de rôles et participe de la mimicry, faisant ainsi se rejoindre les figures du tricheur, du « trickster » et de l’acteur. On en viendra donc à se demander quelle signification sociale peut recouvrer la tricherie aux jeux de cartes dans une société monolithique, fortement hiérarchisée et anti-« self-fashioning ». |
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