Roméo et Juliette ou l’amour hors la loi

Cette lecture de Roméo et Juliette, faite par une femme, une théoricienne de la littérature et une psychanalyste, se situe dans le contexte français du début du XXIe siècle, et s’accompagne d’une interrogation sur le couple, l’amour et l’identité sexuelle. Le couple comme défi à la loi sociale, le c...

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Библиографические подробности
Опубликовано в: :URI:https://journals.openedition.org/shakespeare,
Главный автор: Kristeva, Julia
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: Actes des congrès de la Société française Shakespeare 2007
Предметы:
Online-ссылка:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Описание
Итог:Cette lecture de Roméo et Juliette, faite par une femme, une théoricienne de la littérature et une psychanalyste, se situe dans le contexte français du début du XXIe siècle, et s’accompagne d’une interrogation sur le couple, l’amour et l’identité sexuelle. Le couple comme défi à la loi sociale, le couple au voisinage de la mort, tels sont les deux thèmes développés dans cette étude. Transgression et revendication d’une liberté sans limites, la passion des amants est néanmoins inséparable de sa consécration par le mariage. En ce sens elle obéit à une double loi : celle, idéale, de l’Église qui bénit leur union, et celle qui dresse les familles les unes contre les autres, et régit les hiérarchies et les contradictions historiquement et politiquement constituées dans la cité. Les métaphores solaire et nocturne sont les deux visages du temps amoureux propre à cet amour à mort, qui se complètent et se stimulent réciproquement. Et si la mélancolie de Juliette tranche sur l’empressement solaire de Roméo, leur passion reste portée par son envers, la mort. La mort en effet sera le seul espace commun de ces amants solitaires. Enfin, le sommeil des amoureux que suggère le thème final du philtre, renvoie à l’apaisement narcissique dans lequel se ressourcent aussi bien le lien amoureux que l’expérience esthétique. Tel est le plus beau rêve d’amour en Occident. À qui la faute ? Aux familles ? À la société féodale ? À l’Église ? Ou à l’amour lui-même, biface, soleil et nuit, délicieuse et tragique tension entre deux sexes ?