Le Théâtre Anglois d’Antoine de La Place (1746-1749), ou la difficile émergence du théâtre de Shakespeare en France

Pierre-Antoine de La Place est le premier traducteur français à avoir publié une traduction en huit volumes du théâtre anglais et plus particulièrement de Shakespeare (Le Théâtre anglois, 1746-1749). La Place rend compte de l'esthétique et de la passion « anglaise » pour son public propre, un p...

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الحاوية / القاعدة:URI:https://journals.openedition.org/shakespeare,
المؤلف الرئيسي: Biet, Christian
التنسيق: Article ou chapitre numérique
اللغة:Français
منشور في: Actes des congrès de la Société française Shakespeare 2007
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الملخص:Pierre-Antoine de La Place est le premier traducteur français à avoir publié une traduction en huit volumes du théâtre anglais et plus particulièrement de Shakespeare (Le Théâtre anglois, 1746-1749). La Place rend compte de l'esthétique et de la passion « anglaise » pour son public propre, un public de lecteurs et non encore de spectateurs (il insiste sur le fait que ce texte traduit ne peut être représenté), un public qui lit la tragédie au regard des auteurs antiques et modernes : Aristote est convoqué au même titre que Shakespeare, Corneille et Voltaire. Ainsi, transcrire la passion dans le théâtre tragique, c'est non seulement lire d'une certaine manière la tradition élisabéthaine, mais aussi tenir compte du théâtre classique du XVIIe siècle, fondé sur la Poétique, et du théâtre contemporain, alliance de tragique politique et de pathétique. Traduire, c'est donc transcrire, rendre compte, mais nécessairement adapter, sous peine de n'être pas compris du lecteur, c'est faire fonctionner le texte shakespearien dans les normes préexistantes du genre tragique français. À partir de ce discours et de ces traductions, à partir de la détermination de cet « entre -deux», et à partir aussi des propositions esthétiques de La Place lui-même, les « traducteurs » et les auteurs de théâtre du XVIIIe siècle vont produire un genre « moderne », intermédiaire, alternatif à la tragédie. Car, dans le même temps qu'il traduit, s'approprie, trie et adapte «le Shakespeare» qu'il connaît, le translateur français propose un texte second, à la disposition des auteurs de son siècle et de sa nation. Il propose un texte qui tient compte de l'évolution du genre tragique et qui souhaite nourrir cette évolution de ce qu'on peut raisonnablement tirer du texte shakespearien. En cela, il ouvre un chemin pour les traducteurs et pour les dramaturges. Le Hamlet de Ducis, en 1769 est un aboutissement de cette recherche. Un nouveau genre se fonde, dans une proposition synthétique qui réfléchit à la possiblité de produire une intrigue anglaise, mais vraisemblable, normalisée, où le pathétique domine, soutenu par la tragédie politique à la française.