#MeToo, répétition et transformation de l’identité

À l’occasion du mouvement #MeToo, l’idée que la honte devait « changer de camp » a été très largement mobilisée. Le but de cette recherche est de donner des pistes pour comprendre comment on passe, dans ce mouvement, d’« avoir honte » à « faire honte ». Pour ce faire, on va mobiliser le concept d’ho...

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Detalles Bibliográficos
Publicado en:URI:https://journals.openedition.org/sextant,
Autor Principal: Falcon de Longevialle, Laetitia
Formato: Article ou chapitre numérique
Idioma:Français
Publicado: Sextant 2023
Sujets:
Acceso en liña:Accès Université d'Orléans et IFPM
Accès Université d'Orléans et IFPM
Descripción
Résumé:À l’occasion du mouvement #MeToo, l’idée que la honte devait « changer de camp » a été très largement mobilisée. Le but de cette recherche est de donner des pistes pour comprendre comment on passe, dans ce mouvement, d’« avoir honte » à « faire honte ». Pour ce faire, on va mobiliser le concept d’honneur. En effet, celui-ci, comme versant actif et positif de la honte, permet de faire le lien entre honte, action et représentation. En premier lieu, on peut s’appuyer sur les théories de l’honneur de trois auteurs, Hobbes, Berger et Appiah, pour identifier le mode de fonctionnement de l’honneur. Qualité politique mais aussi épistémique acquise au travers de pratiques ritualisées, l’honneur semble pouvoir être au cœur du changement des pratiques dans le monde social. Dans la mesure où les réseaux sociaux sont des espaces de reproductibilité des actes et des discours, ils semblent être des lieux privilégiés pour étudier la ritualisation de pratiques. De plus, le mouvement #MeToo, et plus largement la pratique du hashtag feminism, repose sur des processus de visibilisation collectifs. Ces processus permettent, d’une part, de légitimer la parole individuelle et, d’autre part, de faire apparaître un sujet normatif. Ce sujet constitué performativement au travers d’une action ritualisée semble pouvoir s’opposer en acte à la représentation incapacitante des victimes.