La matrice de la mémoire : non-maternité et traumatisme dans L’Espérance-macada de Gisèle Pineau

Cet article propose une lecture de l’œuvre de la romancière guadeloupéenne Gisèle Pineau à partir du couple matrice/mémoire, et de son corolaire stérilité/traumatisme. Nous verrons comment le rejet de la maternité y est pensé comme la trace latente d’une histoire non-résolue et comme la représentati...

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Библиографические подробности
Опубликовано в: :URI:https://journals.openedition.org/sextant,
Главный автор: D’Orlando, Natacha
Формат: Article ou chapitre numérique
Язык:Français
Опубликовано: Sextant 2021
Предметы:
Online-ссылка:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Описание
Итог:Cet article propose une lecture de l’œuvre de la romancière guadeloupéenne Gisèle Pineau à partir du couple matrice/mémoire, et de son corolaire stérilité/traumatisme. Nous verrons comment le rejet de la maternité y est pensé comme la trace latente d’une histoire non-résolue et comme la représentation métaphorique du souvenir traumatique. Cette mémoire ancrée au ventre se traduit d’abord par le retour du motif de l’infanticide esclave, représenté dans Femmes des Antilles : traces et voix et L’Espérance-macadam puis réactivé dans les récits du contemporain. Cette non-maternité violente porte un discours sur l’héritage mémoriel liant les femmes esclaves et contemporaines, d’une part, et un regard critique sur la violence des mondes post-abolition, d’autre part. Dans un deuxième temps, nous verrons comment la non-maternité est aussi représentée comme la réponse instinctive d’un corps mutilé, devenu infertile à la suite d’un événement traumatique, en particulier dans L’Espérance-macadam où l’infertilité d’Éliette signale le viol dont la protagoniste ne garde pourtant aucun souvenir. Dans les deux cas, la non-maternité met en crise la reproduction, qu’il s’agisse de la reproduction d’un passé, d’un système ou d’une lignée.