Revendiquer la non-maternité pour ré-engen(d)rer la mémoire chez trois écrivaines de langue française
Tandis que la plupart des récits de survivantes de catastrophes historiques mettent l’accent sur la maternité comme revanche biologique et catharsis, cette étude se concentre sur trois textes revendiquant la non-maternité volontaire dans un contexte mémoriel traumatique. A l’enfant que je n’aurai pa...
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| Publicado no: | URI:https://journals.openedition.org/sextant, |
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| Autor principal: | |
| Formato: | Article ou chapitre numérique |
| Idioma: | Français |
| Publicado em: |
Sextant
2021
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| Assuntos: | |
| Acesso em linha: | Accès Université d'Orléans et IFPM Accès Université d'Orléans et IFPM |
| Resumo: | Tandis que la plupart des récits de survivantes de catastrophes historiques mettent l’accent sur la maternité comme revanche biologique et catharsis, cette étude se concentre sur trois textes revendiquant la non-maternité volontaire dans un contexte mémoriel traumatique. A l’enfant que je n’aurai pas (2011), de Linda Lê, est un récit autobiographique épistolaire adressé à l’enfant imaginé de l’auteure-narratrice, dans lequel elle évoque les raisons de son choix de ne pas se reproduire dans le contexte du double traumatisme d’une mère toxique et de l’exil ; Maternité (2018), de Françoise Guérin, raconte la trajectoire parallèle de deux sœurs ayant souffert de violence psychologique de la part de leur mère, l’une choisissant de ne pas avoir d’enfant biologique et d’adopter, espérant ainsi briser le cycle mortifère, l’autre sombrant dans la dépression post-natale ; L’Amour après (2018), de Marceline Loridan-Ivens, survivante de la Shoah, expose la non-maternité choisie de l’auteure-narratrice comme condition de libération de la prison psychologique du traumatisme de l’expérience concentrationnaire, parallèlement à son engagement dans le Mouvement de libération des femmes. Très peu d’études ont jusqu’ici été consacrées à la non-maternité choisie et aucune ne s’est encore penchée sur la non-maternité volontaire dans un contexte traumatique complexe. Ces trois textes font écho à la métaphore du « corps silencieux » décrite par Peterson et Engwall, permettant une essentialisation du choix de ne pas procréer en évoquant l’absence d’instinct maternel. Ceci permet à ces femmes de se positionner au sein de la dichotomie mère/non-mère sans avoir à la rationaliser, grâce au recours à une autre forme de déterminisme biologique. |
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