La crise congolaise de juillet 1960 et le sexe de la décolonisation

Le 30 juin 1960, le Congo belge accède à l’indépendance. Une semaine plus tard, les soldats de la Force publique remettent en cause l’autorité de leurs officiers belges et celle du nouveau gouvernement congolais. Leur mutinerie et les actes de violence qui l’accompagnent marquent le début d’une long...

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Dans:URI:https://journals.openedition.org/sextant,
Auteur principal: Monaville, Pedro
Format: Article ou chapitre numérique
Langue:Français
Publié: Sextant 2024
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Accès en ligne:Accès Université d'Orléans et IFPM
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Description
Résumé:Le 30 juin 1960, le Congo belge accède à l’indépendance. Une semaine plus tard, les soldats de la Force publique remettent en cause l’autorité de leurs officiers belges et celle du nouveau gouvernement congolais. Leur mutinerie et les actes de violence qui l’accompagnent marquent le début d’une longue période de crise et placent le Congo au centre de l’attention internationale. Le discours qui se développe autour des viols de juillet 1960 révèle sous une lumière crue l’instabilité des notions de genre et des catégories raciales élaborées pendant la période coloniale. Objets de rumeurs radiodiffusées à travers le Congo, d’articles de presse publiés dans les journaux du monde entier, de rapports officiels publiés par le gouvernement belge et de discussions menées au Conseil de Sécurité des Nations unies à New York, les viols se sont ensuite retrouvés rapidement marginalisés et enfouis sous un « silence actif ». Dans cet article, je tente de démontrer comment ces viols ne sont pas seulement un fait divers horrible à la carrière fulgurante, mais marquent également un moment dans un discours plus large visant à représenter et à reproduire un certain ordre colonial. Je suggère enfin que les viols pourraient être utilisés comme les fragments d’une histoire du Congo colonial.